Dix (10) ans d’exploitation de terres des ayants-droits fonciers du village Zamba 1, l’entreprise de production du ciment PPC Barnet n’a jamais respecté les accords d’occupation signés entre elle et le chef du clan Nanga ne Kongo.
L’accord conclu entre PPC Barnet et le chef du clan pourvoyeur de terres exploitées est clair : “ améliorer les conditions de vie des habitants de Zamba 1 par la construction d’une école et d’un centre de santé, offrir du travail aux villageois, approvisionner les autochtones en eau et électricité et assurer les soins de santé de responsables du clan dans des grandes formations médicales tant provinciales que nationales et la dotation des vivres et non vivres pendant les fêtes de nativité et de nouvel an “.

Depuis que cet accord a été signé en 2014, PPC Barnet navigue entre mensonges et fuite de responsabilités sociétales.
Pour André Ngonde Makanzu, secrétaire du clan Nanga de Zamba 1, « les responsables de PPC Barnet ont des cœurs de pierre qu’ils utilisent pour la fabrication du ciment. Nous avons conclu l’accord depuis 2014, jusqu’aujourd’hui rien n’a été fait. Nous consommons de l’eau impropre, pas d’électricité, pas d’école ni centre de santé au village. Nous sommes allés même au niveau de la présidence pour faire entendre nos revendications, mais sans succès ».
Et d’ajouter : « L’actuel Directeur général de PPC Barnet, Patrick KAHASHA, n’a pas caché son inquiétude sur le non-respect des accords par son prédécesseur. Pour lui, comme Mike Fuilu Leko avait reçu mandat des chefs de clans, les négociations doivent se poursuivre qu’avec lui pour ne pas créer du désordre ».
Associé à l’enquête de CONGOPROFOND.NET, le journaliste d’investigation Joly Toko a fait le déplacement du village Zamba 1 pour se rendre compte des allégations portées contre la première entreprise de production du ciment dans le territoire de Songololo, en termes de tonnes produites par jour, nous avons cité PPC Barnet.

Les propos recueillis auprès des ayants-droits fonciers sont décevants et très graves. Une cinquantaine regrette les paroles de l’un des associés Bamanisa : « il nous a dit que nous allons habiter les maisons construites au camp PPC, mais c’était juste de la poudre aux yeux ».
Pour une quadragénaire, « Monsieur Bamanisa est venu nous voler nos terres sans penser à nous ayants-droits fonciers. Nous l’avons accueilli en toute humanité croyant qu’il respectera les conventions signées, mais lettre morte ».
« Pourquoi les autorités provinciales et nationales ne réagissent pas aux cris de détresse de sa population de Zamba 1, quasiment escroquée par PPC Barnet, est-ce une complicité ? », s’interroge un notable de Songololo.
Approché par le journaliste Joly Toko, l’un des responsables de PPC Barnet n’a pas voulu répondre aux allégations de la population de Zamba 1. Est-ce un aveu ? La question reste à poser.
Dans l’entre-temps, le clan Nanga ne Kongo du village Zamba se mobilise pour organiser d’ici quatre matins, une marche de protestation contre PPC Barnet pour non-respect de l’accord signé depuis 2014.
Certes, une mauvaise foi de la part des responsables de PPC Barnet de ne pas respecter la loi en matières d’occupation des terres. Toute entreprise qui exploite les terres gardées par les ayants-droits doit ipso facto contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population qui l’accueille en l’offrant l’eau, l’électricité, les soins de santé primaire, le travail et en construisant des infrastructures de base au profil des habitants.
Il est vrai que ces entreprises sont tenues par des capitalistes qui ne voient que leurs intérêts et s’en foutent des responsabilités sociétales. Tôt ou tard, les choses doivent changer et certaines personnes sont avisées.
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