RDC : la BCC rassure sur la stabilité de l’économie, avec une croissance projetée à 6,2 % malgré les tensions au Moyen-Orient

La Banque centrale du Congo confirme la stabilité macroéconomique et appelle à la vigilance face aux tensions internationales.

Ntemo
By

Dans un environnement international traversé par de fortes turbulences géopolitiques, l’économie de la République démocratique du Congo continue, pour l’heure, d’afficher des signaux de stabilité. Les autorités monétaires se veulent rassurantes, tout en appelant à une vigilance soutenue face aux chocs extérieurs susceptibles d’influer sur l’équilibre macroéconomique national. Cette évaluation a été présentée lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 13 mars 2026 à Kinshasa, sous la présidence du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Au cours de cette séance, le gouvernement a notamment examiné l’évolution récente des marchés des biens et services ainsi que celle du marché de change.Invité à exposer la situation économique du pays, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a présenté aux membres de l’exécutif un état des lieux détaillé des principaux indicateurs macroéconomiques. Des risques extérieurs sous surveillanceIntervenant devant les membres du gouvernement, André Wameso Nkualoloki a d’abord attiré l’attention sur les incertitudes liées à la conjoncture géopolitique mondiale, en particulier les tensions persistantes au Moyen-Orient. Selon lui, la poursuite du conflit dans cette région stratégique pourrait entraîner des perturbations significatives sur les marchés énergétiques internationaux. Le gouverneur de la BCC a notamment évoqué l’hypothèse d’une fermeture du Détroit d’Hormuz, un passage maritime crucial pour le commerce mondial du pétrole.Près de 20% de la production mondiale des produits pétroliers transitent par ce corridor maritime.

Une éventuelle perturbation de ce passage stratégique pourrait provoquer une flambée des prix de l’énergie et exercer des pressions inflationnistes sur de nombreuses économies, notamment celles dépendantes des importations de produits pétroliers.Une conjoncture économique jugée rassuranteAu-delà de ces préoccupations internationales, le gouverneur André Wameso Nkualoloki a présenté un tableau globalement rassurant de la conjoncture économique nationale.Les projections du Comité permanent de cadrage macroéconomique indiquent qu’en 2026, l’économie congolaise devrait enregistrer un taux de croissance estimé à 6,2%, confirmant la dynamique de progression observée ces dernières années.

Sur le marché des biens et services, les indicateurs disponibles au début du mois de mars témoignent d’une évolution modérée du niveau général des prix. Le taux d’inflation hebdomadaire s’est établi à 0,15%, contre 0,13% la semaine précédente.En cumul annuel, le taux d’inflation est évalué à 1,75%, tandis qu’en glissement annuel il atteint 2,11%. Ces niveaux demeurent nettement inférieurs à ceux enregistrés à la même période en 2025, où ils s’élevaient respectivement à 1,90% et 10,63%.Une relative stabilité du franc congolaisLe marché de change présente également des signes de stabilisation. Selon les données communiquées au Conseil des ministres par le gouverneur André Wameso Nkualoloki, le taux d’échange du franc congolais s’établit autour de 2.140 francs congolais pour un dollar américain.

Cette évolution confirme la tendance à la stabilisation observée ces derniers mois sur le marché des changes, traduisant, selon les autorités monétaires, une gestion prudente de la politique monétaire et une certaine maîtrise des équilibres macroéconomiques. La nécessité d’une vigilance Constante pour la Banque centrale, ces indicateurs témoignent d’une résilience notable de l’économie congolaise, malgré un contexte international marqué par de fortes incertitudes.

Toutefois, André Wameso Nkualoloki a insisté sur la nécessité pour les autorités de maintenir une vigilance constante face aux évolutions de la conjoncture mondiale, en particulier dans le secteur énergétique, dont les fluctuations peuvent rapidement se répercuter sur l’inflation et la stabilité économique.Dans un monde où les équilibres économiques restent étroitement dépendants des dynamiques géopolitiques, la stabilité actuelle de l’économie congolaise apparaît ainsi comme un acquis à préserver, au prix d’une attention soutenue aux signaux émanant des marchés internationaux.

Josué Muleli

Share This Article