Au Kongo Central, la question de la qualité des infrastructures scolaires et celle du paiement des enseignants continuent de susciter de vives préoccupations. Ces deux enjeux majeurs pour le bon fonctionnement du système éducatif provincial ont été au centre d’un échange institutionnel entre le ministre provincial de l’Éducation, Jean-Jacques Tuba Bozi, et le député provincial Guylain Phanzu, rapporteur adjoint de l’Assemblée provinciale, ce mercredi 11 mars 2026, dans la salle des réunions de l’organe délibérant provincial.
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte où de nombreux établissements scolaires de la province font face à une dégradation avancée de leurs infrastructures. Dans plusieurs localités, des bâtiments scolaires présentent des fissures, des toitures endommagées ou encore des salles de classe devenues inadaptées à l’apprentissage, une situation aggravée par la saison des pluies qui frappe actuellement plusieurs territoires de la province.
Les écoles de l’intérieur particulièrement touchées

Selon les informations relayées par Guylain Phanzu, plusieurs chefs d’établissements du territoire de Lukula ont récemment saisi les autorités afin d’alerter sur l’état préoccupant de certaines infrastructures scolaires. Des écoles fonctionnent parfois dans des conditions précaires, exposant élèves et enseignants à des risques liés notamment à la vétusté des bâtiments. En tant qu’élu de la province, le rapporteur adjoint de l’Assemblée provinciale a porté ces préoccupations auprès du ministre provincial de l’Éducation afin d’obtenir des éclaircissements sur les mesures envisagées par l’exécutif provincial.
Des projets de réhabilitation annoncés

Face à ces inquiétudes, le ministre provincial Jean-Jacques Tuba Bozi a assuré que des démarches sont déjà engagées pour améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans la province. Selon lui, plusieurs initiatives sont en cours tant au niveau provincial que national pour la réhabilitation d’écoles existantes et la construction de nouvelles infrastructures scolaires. Le ministre a également évoqué l’appui attendu de partenaires internationaux, notamment du gouvernement français, qui entend accompagner les efforts des autorités congolaises visant à renforcer les infrastructures éducatives et à moderniser l’environnement scolaire.
La question sensible de la paie des enseignants

Outre la situation des écoles, la rencontre a également permis d’aborder la problématique récurrente du retard dans la paie des enseignants. Bien que cette situation soit observée dans plusieurs provinces du pays, elle reste une source de frustration pour de nombreux professionnels de l’éducation au République démocratique du Congo (RDC). Sur ce point, le ministre provincial a indiqué être en contact permanent avec les responsables provinciaux de la DINACOPE. Cette structure, chargée du suivi administratif et du contrôle de la paie des enseignants, veille, selon lui, à ce que les banques mandatées pour le paiement des salaires au Kongo Central exécutent les opérations dans les délais dès réception des ordres de paiement.
Poursuite des discussions à l’Assemblée provinciale

Dans le cadre du suivi de ce dossier sensible, Guylain Phanzu, qui assure actuellement la permanence du bureau de l’Assemblée provinciale, a également reçu dans son bureau le directeur provincial de la DINACOPE. Cette rencontre visait à approfondir les discussions autour des mécanismes permettant de réduire les retards observés dans la rémunération des enseignants. L’élu de Muanda, Jean Kimboko Ndombasi, a également pris part à ces échanges, témoignant de l’intérêt que porte l’Assemblée provinciale à la situation du secteur éducatif dans la province.
Un enjeu crucial pour l’avenir de l’éducation

Pour les autorités provinciales, l’amélioration des infrastructures scolaires et la régularité du paiement des enseignants constituent des priorités indispensables pour renforcer la qualité de l’éducation dans la province. Dans un coin où l’école demeure l’un des principaux leviers de développement social et économique, les discussions engagées entre l’exécutif provincial et les représentants de l’Assemblée apparaissent comme une étape importante dans la recherche de solutions durables aux défis qui persistent dans le secteur éducatif au Kongo Central.
Josué Muleli