Un nouvel épisode de justice populaire a secoué la ville de Boma ce samedi 7 mars. Dans le secteur de Boma Bungu, au quartier KM8, un homme accusé par des habitants d’avoir tenté de voler une moto a été lynché puis brûlé vif par une foule en colère. Un second suspect, également pris à partie par la population, se trouve dans un état critique après avoir été récupéré par la police.
Selon plusieurs sources concordantes, les deux individus seraient soupçonnés d’avoir tenté de dérober une moto aux abords du cimetière de Kiphungu. Alertés par des cris et des appels à l’aide, des habitants du quartier se seraient rapidement mobilisés et lancés à la poursuite des présumés voleurs. La course-poursuite aurait conduit les suspects vers la zone située non loin de la morgue Adrien Phoba, près de l’arrêt Joël et des bureaux administratifs du secteur de Boma Bungu. C’est à cet endroit que les deux hommes auraient été rattrapés par une foule de plus en plus nombreuse.

La situation a alors rapidement dégénéré. Sous le coup de la colère, des habitants se seraient livrés à un acte de justice populaire. L’un des suspects a été violemment tabassé avant d’être brûlé vif en plein jour, sous le regard d’une foule massée dans le quartier. Le second individu, lui aussi violemment agressé par la population, a finalement été récupéré par les forces de l’ordre. D’après des sources locales, il aurait été conduit par la police dans un état jugé très préoccupant, laissant planer des doutes sur ses chances de survie.
Face à la mobilisation massive des habitants, sortis de plusieurs rues du quartier, les policiers présents sur place auraient éprouvé des difficultés à contenir la foule. Leur intervention a néanmoins permis d’extraire le second suspect de la vindicte populaire. À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités locales pour préciser les circonstances exactes de cet incident ni confirmer l’identité des personnes impliquées.

Ce drame relance toutefois la question persistante de la justice populaire dans plusieurs quartiers de la ville de Boma et, plus largement, dans la province du Kongo Central. Régulièrement, des cas similaires sont signalés lorsque des habitants, exaspérés par l’insécurité ou par ce qu’ils perçoivent comme une lenteur du système judiciaire, choisissent de se faire justice eux-mêmes. Les autorités sont désormais attendues pour faire toute la lumière sur les faits et rappeler le cadre légal afin d’éviter que de tels actes de violence collective ne se reproduisent.
MM