Kinshasa, 27 février 2026 – La Banque Centrale du Congo (BCC) s’est imposée, ce vendredi, comme l’épicentre du dialogue monétaire régional en accueillant la Réunion des Gouverneurs des Banques Centrales d’Afrique centrale, organisée sous l’égide de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA). Précédées par deux journées d’échanges techniques entre experts, ces assises ont cristallisé les ambitions d’une architecture financière africaine plus intégrée, plus cohérente et résolument tournée vers la souveraineté.

Au cœur des discussions : la convergence macroéconomique, l’harmonisation des politiques monétaires, la consolidation de la stabilité financière et l’affirmation d’une souveraineté financière africaine capable d’amortir les chocs exogènes. Autant de priorités qui traduisent la volonté des autorités monétaires de franchir un nouveau palier dans la coordination régionale, à un moment où les économies de la sous-région font face à des défis structurels persistants.

Dans son allocution, le Gouverneur André Wameso a rappelé que l’intégration économique et monétaire ne relève plus d’un idéal théorique, mais d’un impératif stratégique pour la transformation structurelle des économies d’Afrique centrale. Il a plaidé pour une coopération renforcée entre banques centrales, condition sine qua non pour bâtir des systèmes financiers plus résilients, soutenir l’investissement productif et stabiliser durablement les cadres macroéconomiques.

Les travaux ont été marqués par la participation active des délégations de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) et de la Banque Centrale de Sao Tomé-et-Principe, dont les contributions ont nourri les réflexions sur les mécanismes de coordination monétaire et les instruments de prévention des risques systémiques.

Au-delà des déclarations d’intention, la rencontre de Kinshasa s’inscrit dans une dynamique de consolidation institutionnelle visant à doter la sous-région d’outils de gouvernance financière plus intégrés. Dans un environnement international marqué par des incertitudes persistantes, les banques centrales d’Afrique centrale entendent ainsi affirmer une vision commune : celle d’un espace économique plus cohérent, capable de soutenir la croissance, de renforcer la confiance des marchés et d’ancrer durablement la stabilité financière.

En accueillant cette rencontre stratégique, la Banque Centrale du Congo confirme son rôle de plateforme de concertation régionale et de catalyseur des initiatives en faveur d’une intégration monétaire africaine à la fois pragmatique, progressive et souveraine.

Josué Muleli/Joli Toko