La ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, est désormais sous le contrôle effectif des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). L’annonce officielle du gouvernement intervient dans un contexte sécuritaire encore sensible, marqué par la nécessité de consolider les acquis militaires et d’organiser une réponse globale de l’État, à la fois sécuritaire, humanitaire et judiciaire.

Lundi 19 janvier 2026 à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa a présidé une réunion d’urgence de haut niveau consacrée à l’évaluation de la situation sécuritaire à Uvira. Cette rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement concernés par la gestion de la crise, avec pour objectif d’harmoniser les actions de l’État et de définir les étapes menant à un retour progressif à la normale.

À l’issue de la réunion, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a confirmé la stabilisation de la ville par les FARDC, tout en appelant à la prudence quant à la réinstallation immédiate des autorités civiles et des institutions provinciales. Selon lui, cette phase ne pourra être envisagée qu’après la mise en place de garanties sécuritaires solides et durables. « Il ne suffit pas de constater un retrait ou une accalmie. Il est impératif de s’assurer que les services de l’État soient pleinement réinstallés et en mesure de fonctionner sans exposer les autorités et les populations à de nouveaux risques », a déclaré Patrick Muyaya.
Le ministre de la Communication et Médias a précisé que le retour du gouverneur du Sud-Kivu et des services administratifs à Uvira dépendra, dans un premier temps, de l’établissement d’un périmètre de sécurité robuste par les FARDC. Cette étape devra être suivie par une sécurisation complète de la ville et de ses environs par la Police nationale congolaise (PNC), notamment dans les zones périphériques longtemps affectées par l’insécurité.

Pour le gouvernement, l’enjeu est d’éviter toute précipitation susceptible de fragiliser les avancées enregistrées sur le terrain. La priorité reste la consolidation des positions militaires, la protection effective des civils et la restauration progressive de l’autorité de l’État dans un climat de stabilité.
Parallèlement aux actions sécuritaires, les autorités annoncent une intensification de l’assistance humanitaire en faveur des populations affectées par les violences et les déplacements. Une réponse judiciaire est également envisagée afin que les auteurs des exactions commises répondent de leurs actes devant la justice, conformément à l’engagement de l’État à lutter contre l’impunité.

À travers cette approche globale, le gouvernement entend poser les bases d’un retour durable de la paix à Uvira, en combinant sécurisation du territoire, assistance aux victimes et rétablissement progressif des institutions républicaines.
Exode Manonga