Ce lundi 30 mars 2026, les premières opérations de démolition de constructions jugées anarchiques ont été lancées le long de la Route nationale numéro 1 (RN1) à Kimpese, dans le territoire de Songololo, au Kongo Central. Si ces interventions visent à désengorger la principale artère de la cité, elles ont immédiatement impacté les commerçants et étalagistes qui occupaient illégalement l’espace public.
Les travaux sont menés par le service de l’aménagement du territoire, en collaboration avec la Commission nationale de prévention routière (CNPR) et la Police nationale congolaise, avec l’appui des groupes d’autodéfense Waza Lendo. Cette mobilisation conjointe illustre la volonté des autorités locales de sécuriser la RN1 et d’améliorer la fluidité de la circulation.

Selon Mardochée Thamba Luntadila, chef d’antenne du service de l’aménagement du territoire, cette première phase concerne principalement les cabines, étalages et autres structures érigées directement sur la chaussée. « Ces constructions sont illégales et aucune indemnisation n’est prévue pour les personnes concernées », a-t-il précisé, soulignant la légalité des opérations.
Malgré leur caractère nécessaire pour le désengorgement, ces démolitions ont provoqué des réactions parmi les commerçants affectés. Certains expliquent dépendre entièrement de ces espaces pour leur activité quotidienne et craignent une perte substantielle de revenus. D’autres dénoncent l’absence de mesures d’accompagnement ou de relogement temporaire.

Pour cette étape, certaines installations comme les « kadafi » et « quado », opérant le long de la RN1, ont été provisoirement épargnées. Cette décision permet aux autorités d’étaler les opérations et d’éviter un choc immédiat trop sévère pour l’économie locale informelle. La population avait été informée de ces mesures par des campagnes de sensibilisation et un délai d’un mois avait été accordé avant le lancement effectif des démolitions.
Les autorités insistent sur l’importance de respecter la réglementation et l’espace public pour garantir une circulation sécurisée et efficace sur la RN1. Une deuxième phase des opérations est déjà programmée et ciblée sur les habitations construites en matériaux durables dans les zones concernées. Cette étape nécessitera l’usage d’engins lourds et pourrait élargir l’impact sur les occupants et commerçants des zones ciblées.

En définitive, ces opérations illustrent la complexité de concilier urbanisation, sécurité routière et vie économique locale. Alors que la RN1 retrouve progressivement sa fluidité, les commerçants se retrouvent au cœur d’un dilemme entre réglementation et survie économique, un enjeu que les autorités devront continuer à gérer avec rigueur et sensibilité.
Junior Mfumu
