Depuis plusieurs semaines, les retards dans le paiement des salaires des fonctionnaires en RDC ont alimenté rumeurs et accusations, ciblant notamment la Banque centrale du Congo (BCC) et son gouverneur, André Wameso Nkualoloki. Certains ont même présenté l’institution comme responsable principale de cette situation.

Pourtant, une analyse rigoureuse des responsabilités montre que la BCC n’est pas l’ordonnateur des salaires des agents de l’État. Son rôle consiste à superviser le système bancaire, gérer les réserves de l’État et garantir la stabilité monétaire, mais elle n’intervient pas directement dans le versement des salaires.

Le paiement des fonctionnaires relève du ministère des Finances, en coordination avec la Fonction publique et le ministère du Budget, qui valident les listes d’agents à payer et transmettent les fonds aux banques commerciales chargées de les verser aux bénéficiaires. La BCC ne décide pas de l’allocation des crédits ni de l’exécution des virements.
Les retards constatés s’expliquent donc par plusieurs facteurs :
Contraintes de trésorerie de l’État ;
Transmission tardive des états liquidatifs par les services concernés ;
Défis logistiques et administratifs pour atteindre toutes les zones, surtout celles moins bancarisées.
En réalité, le suivi et la responsabilité de la régularité des paiements incombent aux ministères compétents et au Comité de suivi de la paie, qui coordonne les opérations entre les banques commerciales et les services publics. Ces organes sont habilités à garantir que les agents soient payés correctement et à temps.

Accuser la BCC pour ces retards est donc une simplification excessive. La Banque centrale du Congo agit dans le cadre de sa mission, et son rôle doit être compris et respecté. Rétablir les faits n’est pas défendre l’institution aveuglément, mais apporter une information claire et objective, comme le font les journalistes d’investigation.
Joli Toko, journaliste d’investigation