Vendredi 20 février 2026, un pas stratégique a été franchi dans la politique monétaire de la République démocratique du Congo (RDC). Le Gouverneur André Wameso Nkualoloki a procédé, en présence de la ministre du Portefeuille Julie Shiku, à la signature d’un contrat entre la Banque Centrale du Congo (BCC) et DRC Gold Trading SA, société congolaise détenue à 100%, avec l’État comme actionnaire majoritaire.
À travers cet accord, l’institut d’émission entend renforcer la constitution de ses réserves en or monétaire, dans un contexte international marqué par des incertitudes économiques persistantes et des tensions géopolitiques récurrentes.
Renforcement des réserves et diversification stratégique

L’intégration accrue de l’or dans les réserves de la Banque Centrale s’inscrit dans une logique de diversification des avoirs extérieurs. En misant sur le métal précieux, considéré comme une valeur refuge, la BCC cherche à sécuriser ses réserves contre l’inflation, la volatilité des devises fiduciaires et les risques systémiques liés aux crises internationales.
Cette stratégie vise notamment à :
accroître la souveraineté financière du pays ;
renforcer la stabilité du franc congolais ;
améliorer la résilience face aux chocs extérieurs ;
valoriser les ressources naturelles nationales dans une perspective macroéconomique.

La détention d’or monétaire offre, en effet, l’avantage de ne comporter aucun risque de contrepartie, contrairement à certains actifs financiers libellés en devises étrangères. Elle contribue également à atténuer les effets potentiels de la dépréciation des monnaies internationales sur les réserves nationales.
Un signal de confiance et d’indépendance

Au-delà de son aspect technique, l’accord conclu avec DRC Gold Trading SA revêt une portée symbolique et stratégique. Il traduit la volonté des autorités monétaires de consolider la stabilité macroéconomique et de renforcer l’indépendance monétaire du pays. En augmentant la part d’or dans ses actifs, la Banque Centrale envoie un signal aux marchés et aux partenaires économiques quant à sa détermination à sécuriser les fondamentaux financiers de la RDC. Cette démarche pourrait, à terme, contribuer à renforcer la confiance dans la monnaie nationale et dans la gestion des réserves de change.

Cette initiative s’inscrit ainsi dans les prérogatives classiques d’une banque centrale, consistant à préserver la stabilité des prix, soutenir la solidité du système financier et protéger l’économie nationale contre les vulnérabilités externes. Dans un environnement mondial en mutation, le choix de l’or apparaît comme un levier stratégique supplémentaire pour asseoir la crédibilité et la robustesse de la politique monétaire congolaise.
Josué Muleli