Suspendu pour une durée de douze mois par l’Assemblée provinciale du Kongo Central, l’ancien président de cette institution, Papy Mantezolo Diatezua, est sorti de son silence. Depuis l’étranger, où il séjourne pour des raisons médicales, l’élu provincial de Luozi a livré sa version des faits lors d’une interview accordée, jeudi 25 décembre 2025, à Radio Bangu de Kimpese. Il y conteste la procédure engagée contre lui et met en cause le travail de la commission spéciale à l’origine du rapport ayant conduit à sa suspension.

Dans ses déclarations, Papy Mantezolo affirme n’avoir jamais été auditionné par la commission chargée d’examiner la gestion financière et administrative du bureau sortant de l’Assemblée provinciale. Il rejette ainsi les conclusions du rapport adopté en plénière, estimant que la démarche entreprise à son encontre est irrégulière et orientée. Selon lui, la responsabilité du bureau ne saurait être imputée à une seule personne.
« Le bureau ne se limitait pas à une seule personne. Nous étions cinq membres. Le président actuel, qui était mon rapporteur, devrait quitter le bureau afin que nous soyons auditionnés ensemble », a-t-il déclaré, affirmant se considérer comme la cible principale de la procédure.

Revenant sur la chronologie des faits, l’ancien président rappelle que le 13 octobre 2025, la plénière avait mis en place deux commissions spéciales : l’une chargée d’examiner les incidents survenus à l’hémicycle, l’autre mandatée pour auditionner les membres du bureau sortant sur la gestion financière et administrative couvrant la période de mars à octobre 2025. Il soutient que le procès-verbal de cette séance accordait à la commission un délai de six jours, du 13 au 19 octobre, pour mener ses travaux.
Durant cette période, affirme-t-il, aucune invitation ne lui aurait été adressée, malgré son attente. Papy Mantezolo indique par ailleurs qu’une autorisation de sortie lui a été accordée par le bureau de l’Assemblée provinciale le 18 novembre 2025 pour des soins médicaux à l’étranger, avec un départ initialement prévu le 30 novembre. Il précise toutefois avoir quitté le pays le 20 novembre, après être resté disponible, selon ses propos, jusqu’au 19 novembre sans être contacté par la commission.

Au-delà de la procédure, l’ancien président de l’Assemblée provinciale dénonce ce qu’il qualifie de règlement de comptes politiques. Il affirme que certaines décisions seraient prises à l’issue de démarches menées en dehors du cadre institutionnel, évoquant notamment la présence prolongée de députés provinciaux dans un hôtel de Matadi à la veille de certaines séances plénières. Sans entrer dans les détails, Papy Mantezolo dit se réserver le droit de fournir des éléments supplémentaires à son retour au pays. Il réaffirme toutefois sa volonté de voir la lumière faite sur ce dossier dans le respect des principes d’équité, de collégialité et de contradictoire.
De son côté, l’Assemblée provinciale du Kongo Central, à travers la majorité des députés ayant soutenu le rapport de la commission spéciale, maintient que les travaux ont été conduits conformément au mandat reçu et que les recommandations adoptées visent à renforcer la gouvernance et la transparence au sein de l’institution. Dans l’attente d’éventuelles suites, cette affaire continue de susciter un vif débat au sein de la classe politique provinciale et de l’opinion publique, illustrant les tensions persistantes autour de la gestion des institutions provinciales et des mécanismes de contrôle interne.
NTEMO CD