En ce 6 avril, Nkamba, haut lieu spirituel du kimbanguisme dans le Kongo Central, se place au centre des commémorations dédiées à Simon Kimbangu et à l’éveil de la conscience africaine. Cette année, la célébration revêt une signification particulière, marquant le 105ᵉ anniversaire du début de sa mission spirituelle. La délégation de l’Assemblée provinciale, conduite par son président Victor Nsuami Mpaka, est déjà sur place pour participer à cette commémoration d’envergure nationale.

Le 6 avril renvoie à l’année 1921, date marquant le lancement de la mission de Simon Kimbangu. Par son message, il a jeté les bases d’un mouvement religieux majeur tout en contribuant à une prise de conscience collective face à l’ordre colonial. Son action, fondée sur la foi et la non-violence, demeure un repère important dans l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo.

Érigée en journée fériée nationale, cette date s’inscrit désormais dans le calendrier officiel comme un moment de mémoire et de reconnaissance. Elle traduit la volonté des autorités de valoriser un héritage qui dépasse le cadre religieux pour toucher aux fondements identitaires et historiques du pays.
À Nkamba, souvent qualifiée de « Nouvelle Jérusalem », des milliers de fidèles venus de différentes régions participent aux offices religieux, aux chants et aux activités commémoratives. La célébration se déroule dans un climat de recueillement, mêlant dimension spirituelle et affirmation communautaire.

La présence attendue du président Félix Tshisekedi et de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka confère à l’événement une portée institutionnelle notable. Leur participation s’inscrit dans une dynamique de reconnaissance officielle de cette figure historique.

Pour les fidèles kimbanguistes, le 6 avril constitue un moment central de leur calendrier spirituel. Il symbolise à la fois le souvenir du combat, la transmission des valeurs de dignité et de solidarité, ainsi que le renouvellement de l’engagement religieux.

Dans le même temps, l’affluence observée à Nkamba met en évidence les défis liés aux infrastructures, notamment l’accessibilité routière. La question de la modernisation des voies d’accès et des équipements revient régulièrement, au regard du rôle croissant de ce site dans le paysage spirituel et touristique national.

En ce jour de commémoration marquant le 105ᵉ anniversaire de cette mission, Nkamba apparaît ainsi comme un espace où se croisent mémoire historique, ferveur religieuse et enjeux de développement, illustrant la place singulière du kimbanguisme dans la société congolaise.

Josué Muleli
