Kongo Central : des pêcheurs de Muanda protestent contre la confiscation de leurs matériels par la marine angolaise

Ntemo
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La colère gronde à Muanda. Ce jeudi 2 avril, des dizaines de pêcheurs du village de Kimuabi sont descendus dans la rue pour dénoncer la confiscation répétée de leurs matériels de pêche par la marine angolaise. Une situation qui, selon eux, les prive brutalement de leur seule source de revenus.

Réunis devant le bâtiment administratif du territoire, les manifestants ont exprimé leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de “saisies abusives”. Pirogues, filets et moteurs hors-bord seraient régulièrement interceptés en mer, laissant plusieurs familles sans moyens de subsistance. « Nous ne savons plus comment nourrir nos enfants », confie un pêcheur rencontré sur place, visiblement éprouvé.

D’après les témoignages recueillis, ces incidents se multiplient depuis l’année dernière. Le dernier cas en date remonterait au 26 mars 2026, lorsqu’une nouvelle opération de la marine angolaise aurait conduit à la confiscation de plusieurs équipements de pêche. Pour les habitants de Kimuabi, la situation devient intenable.

Déterminés à se faire entendre, certains pêcheurs affirment être prêts à passer la nuit devant les installations administratives, accompagnés de leurs familles, jusqu’à l’obtention d’une réponse concrète des autorités. Ils exigent notamment la restitution de leurs matériels saisis, mais aussi des mesures urgentes pour sécuriser leurs activités en mer.

Au-delà de la colère locale, cette nouvelle mobilisation remet sur la table la délicate question des frontières maritimes entre la République démocratique du Congo et l’Angola. Les zones de pêche, mal délimitées ou contestées, exposent régulièrement les pêcheurs congolais à des interpellations en mer.

En attendant une éventuelle solution diplomatique entre Kinshasa et Luanda, les pêcheurs de Muanda, eux, continuent de payer le prix fort. Entre pertes économiques, précarité grandissante et incertitude quotidienne, leur avenir reste suspendu aux décisions des autorités.

Exode Manonga

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