La journée dite « Ville morte », annoncée pour le lundi 22 décembre courant à Moanda (Kongo Central), est officiellement interdite par les autorités politico-administratives. La décision fait suite à un message du vice-ministre de l’Intérieur, relayé par le gouverneur de la province du Kongo Central, invoquant la préservation de l’ordre public et la continuité des activités socio-économiques.

L’annonce a été rendue publique à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité élargi, tenue à Moanda et présidée par l’administrateur du territoire, Amina Panda. Cette rencontre a réuni les principales autorités administratives, territoriales et sécuritaires, appelées à évaluer les risques liés à l’appel à la mobilisation.
Les motivations avancées par la société civile
Selon un document officiel émanant de la synergie des associations et de certains acteurs de la société civile de Muanda, la journée « Ville morte », suivie de sit-in annoncés à partir du 23 décembre, visait à protester contre la gestion actuelle de l’administration territoriale.
Les signataires de la correspondance évoquent notamment :
une mauvaise gouvernance du territoire ;
des violations présumées des textes légaux et réglementaires ;
des accusations d’abus de pouvoir ;
ainsi que la privatisation supposée de certains biens de l’État.
La société civile affirme également avoir, à plusieurs reprises, saisi les autorités compétentes à travers des rapports documentés, sans obtenir, selon elle, de réponses ou de sanctions attendues. Face à ce qu’elle qualifie d’« absence de solutions », elle indiquait vouloir recourir à des actions citoyennes pacifiques, se référant à l’article 26 de la Constitution relatif à la liberté de manifestation.
Position ferme des autorités sécuritaires

Au terme de la réunion du Conseil de sécurité, le commandant de la Police nationale congolaise (PNC), commissariat de Moanda, le colonel Fely Ndididi Kabamba, a rappelé l’interdiction stricte de toute activité liée à la journée « Ville morte », mettant en garde contre toute tentative de perturbation de l’ordre public.
Il a souligné que toute manifestation non autorisée ou toute action visant à paralyser les activités économiques exposerait ses auteurs à des mesures prévues par la loi, insistant sur la nécessité de préserver la sécurité des personnes et de leurs biens.
Appel au calme et à la responsabilité citoyenne

Les autorités territoriales appellent, par conséquent, la population de Moanda à vaquer librement à ses occupations quotidiennes le 22 décembre et à privilégier les voies légales et institutionnelles pour l’expression de toute revendication. Elles réaffirment leur engagement à maintenir un climat de paix, de stabilité et de cohésion sociale sur l’ensemble du territoire.
La Rédaction

