Au cœur des terres agricoles de Kinzalandi, dans le territoire de Mbanza-Ngungu (Kongo Central), une nouvelle page du développement industriel congolais s’est ouverte vendredi 5 juin 2026. Sous les regards des autorités nationales, provinciales et des communautés locales, la société Congo Motors a officiellement lancé les travaux de construction de son usine de fabrication et d’assemblage de tracteurs agricoles, un projet qui ambitionne de renforcer la mécanisation du secteur agricole tout en générant des milliers d’emplois.
Présidée par le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, la cérémonie de pose de la première pierre a marqué le démarrage d’un investissement présenté comme stratégique pour l’avenir de l’agriculture congolaise et la transformation locale des équipements agricoles.

Selon les responsables de Congo Motors, la future usine disposera d’une capacité de production de 3.000 tracteurs par an, avec l’objectif de répondre progressivement aux besoins croissants de mécanisation à travers le pays. Le projet prévoit également la création de 2.000 emplois directs et indirects, ouvrant ainsi des perspectives économiques importantes pour les populations locales.
Au-delà de la production industrielle, l’entreprise entend développer un véritable écosystème autour de la mécanisation agricole. Une école moderne dédiée à la formation des tractoristes, mécaniciens et techniciens agricoles figure notamment parmi les infrastructures annoncées. L’ambition affichée est de renforcer les compétences locales afin d’accompagner durablement la modernisation du secteur.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le Directeur général de Congo Motors a souligné que le projet ne se limite pas à la commercialisation de matériels agricoles. « Nous ne venons pas seulement vendre des machines. Nous venons bâtir une filière complète, de la formation à la maintenance », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, le ministre d’État Muhindo Nzangi a replacé cette initiative dans la vision gouvernementale visant à faire de l’agriculture l’un des moteurs de la diversification économique du pays. Il a insisté sur la nécessité de développer une industrie capable de soutenir la production agricole nationale tout en réduisant la dépendance aux importations d’équipements.

Pour les autorités provinciales du Kongo Central, ce projet devra également produire des retombées concrètes pour les communautés locales. Au nom du gouverneur de province, son représentant a notamment plaidé pour une priorité accordée à la main-d’œuvre locale ainsi que pour des investissements sociaux dans les domaines de l’éducation, de la santé et des infrastructures communautaires.

Autre pilier du projet : le partenariat technique conclu avec CASE IH, l’un des principaux constructeurs mondiaux de matériels agricoles. Cette collaboration vise notamment le transfert de technologies, le renforcement des capacités locales et le respect des standards internationaux de fabrication.
À terme, les promoteurs entendent faire de Kinzalandi un pôle de référence en matière de mécanisation agricole en Afrique centrale. Si les objectifs annoncés sont atteints, cette usine pourrait contribuer à renforcer la productivité agricole, soutenir l’emploi local et consolider les ambitions industrielles de la République démocratique du Congo.

Plus qu’une simple infrastructure industrielle, le projet Congo Motors se présente comme l’une des initiatives les plus ambitieuses de ces dernières années dans le secteur agricole congolais, à l’heure où la RDC cherche à valoriser davantage le potentiel de son sol pour accélérer son développement économique.
Joli Toko
