La menace d’une grève dans le secteur des transports routiers a conduit le maire de Matadi, Dominique Nkodia Mbete, à réunir les représentants des syndicats et du patronat, jeudi 8 octobre 2026. Prévu pour ce samedi 10 octobre, le mouvement envisagé intervient sur fond de revendications liées aux conditions de travail des chauffeurs, au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et aux coûts de péage.
La rencontre, organisée au cabinet de travail de l’autorité urbaine, a notamment réuni Godefroid Kisangani, président national des transporteurs de poids lourds, Joachim Kikufila, président du comité professionnel des transports routiers de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), ainsi que Jonathan Mpambu, responsable syndical à Matadi. Les échanges ont porté sur les griefs formulés par les travailleurs et les divergences entourant leur prise en charge.
Au cœur des revendications figure le respect du SMIG et l’établissement de contrats de travail entre les chauffeurs et leurs employeurs. Selon Dominique Nkodia Mbete, plusieurs entreprises satisfont déjà à ces exigences. Le maire a ainsi demandé aux représentants du patronat d’identifier les sociétés concernées, afin de distinguer celles qui respectent leurs obligations sociales de celles qui devraient encore régulariser leur situation.

Les coûts de péage, jugés exorbitants par les syndicats, ont également été abordés. L’autorité urbaine a indiqué ne pas comprendre leur inscription parmi les revendications, au regard des échanges avec les représentants des employeurs. Les éléments communiqués à l’issue de la réunion ne permettent toutefois pas de déterminer précisément les montants contestés ni d’établir un consensus sur cette question.
Autre point de friction : les barrières de contrôle installées sur la route nationale numéro 1. Alors que les syndicats les ont intégrées à leurs griefs, le maire a défendu leur maintien au nom des impératifs de sécurité, dans un contexte marqué par l’agression dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il estime que la surveillance des mouvements de personnes et de biens demeure nécessaire sur cet axe routier.
Cette concertation intervient également dans le contexte des préparatifs de la 14ᵉ Conférence des gouverneurs, que Matadi doit accueillir en décembre. Si cet événement figure parmi les préoccupations évoquées par le maire, les questions salariales, contractuelles et financières soulevées par les transporteurs constituent le fond du différend examiné lors de la rencontre.

À l’issue des échanges, Dominique Nkodia Mbete a plaidé pour que les entreprises respectant déjà les obligations sociales ne soient pas entraînées dans un mouvement de grève par solidarité. Il a également rappelé que le droit de grève relève d’un choix des travailleurs. Cette position n’établit cependant pas, à elle seule, que les syndicats ont officiellement renoncé au mouvement annoncé.
À la veille de l’échéance du 10 octobre, l’issue de cette démarche reste donc un élément déterminant. Au-delà de la perspective d’une grève, la question centrale demeure celle des réponses concrètes à apporter aux revendications des chauffeurs, entre respect des obligations des employeurs, contestation des coûts de péage et exigences de sécurité routière.
Josué Muleli
