Le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Matadi (Kongo Central) a rendu, dans la nuit du lundi 3 novembre 2025, son verdict très attendu dans le procès en flagrance des motocyclistes impliqués dans les troubles survenus lors de la grève du 27 octobre. Après plusieurs jours d’audience publique tenue à l’esplanade de la mairie, la justice a tranché : sur les 53 prévenus, 25 ont été condamnés, 22 ont été relaxés, tandis que six se sont évadés avant le prononcé du jugement.
Un verdict attendu après des jours d’audience tendue

Débuté le mercredi 29 octobre, le procès s’est tenu sous haute surveillance en présence du ministre provincial de l’Intérieur, Jacques Kiazola Vanakiaku, et du maire de Matadi, Dominique Nkodia Mbete. Les prévenus étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, rébellion, coups et blessures volontaires, destruction méchante et troubles à l’ordre public.
Le ministère public avait requis des peines particulièrement lourdes, allant jusqu’à la peine de mort pour association de malfaiteurs, cinq ans pour destruction méchante et deux ans pour rébellion. Le Tribunal a finalement rendu une décision plus clémente, infligeant à 25 d’entre eux des peines de servitude pénale de six mois à un an, assorties d’amendes dont le montant n’a pas été communiqué.
Des acquittements et une évasion préoccupante

Parmi les 53 personnes interpellées, 22 ont été acquittées purement et simplement, faute de preuves suffisantes. Quatre mineurs, également arrêtés lors des manifestations, ont été transférés vers le Tribunal pour enfants pour être jugés conformément à la loi.
Cependant, six prévenus se sont évadés de leur lieu de détention dans la nuit précédant le verdict, aux environs de 3 heures du matin. Le Tribunal a ordonné leur poursuite immédiate et leur réincarcération dès qu’ils seront retrouvés.
Un verdict prononcé dans un contexte de tension

Bien que l’audience se soit déroulée à ciel ouvert, le verdict n’a pas été rendu sur place pour des raisons de sécurité. La tension était encore palpable autour de la mairie, ce qui a conduit le tribunal à prononcer la décision à son siège habituel, alors que les détenus avaient déjà été reconduits à la prison centrale de Camp Molayi.

Cette affaire, largement suivie par la population, illustre la volonté des autorités judiciaires de rétablir l’ordre public après les violences ayant marqué la grève des motocyclistes. Ces derniers protestaient contre la décision de la mairie de revoir à la baisse le tarif des courses, suite à l’appréciation du franc congolais et à la baisse du prix du carburant à la pompe.
Un signal fort pour la ville portuaire
En rendant ce jugement, le Tribunal de Grande Instance de Matadi espère dissuader toute tentative future de troubles urbains. Si le verdict a été salué par certains comme une marque de fermeté, d’autres estiment que la clémence du tribunal traduit une approche d’équilibre entre la rigueur judiciaire et la prise en compte du contexte social.
MM/NTEMO CD