La situation financière de l’Assemblée provinciale du Kongo Central suscite de vives préoccupations au sein de son bureau, qui alerte sur un déficit prolongé de rétrocessions et ses conséquences directes sur le fonctionnement de l’institution. Réuni ce lundi 13 avril 2026 au siège de l’Assemblée provinciale, dans le cadre de sa deuxième séance de la session de mars 2026, le bureau a dressé un état des lieux jugé préoccupant et appelé à une prise de responsabilité des autorités compétentes.
Dès l’ouverture des travaux, le bureau a réaffirmé sa volonté d’instaurer une discipline institutionnelle plus rigoureuse, annonçant la tenue régulière de ses réunions chaque lundi. Une orientation qui vise à renforcer la gouvernance interne et à assurer un suivi plus efficace des dossiers administratifs et politiques de l’organe délibérant provincial.

Au cours de cette séance, quatre points ont été inscrits à l’ordre du jour. Le premier a porté sur l’adoption des procès-verbaux des réunions précédentes, validés par les membres du bureau, confirmant ainsi la continuité du travail administratif engagé.Le deuxième point, consacré à l’examen de la situation financière de l’Assemblée provinciale, a retenu une attention particulière. Le bureau a relevé un retard significatif dans le versement des appuis budgétaires attendus. Entre la session de septembre 2025 et celle de mars 2026, soit une période de huit mois, l’institution n’a reçu que trois rétrocessions en provenance des autorités compétentes, couvrant les mois de septembre, novembre et décembre.

Cette situation est jugée préoccupante par le bureau, qui souligne son impact direct sur le fonctionnement quotidien de l’Assemblée provinciale. Les rétrocessions constituent en effet une ressource essentielle, permettant notamment de compléter les émoluments des députés provinciaux, de prendre en charge certaines situations sociales et d’assurer les charges de fonctionnement de l’institution.
Sans tirer de conclusions définitives sur les causes de ces retards, le bureau estime néanmoins que la situation appelle une réaction rapide et coordonnée. Il rappelle par ailleurs que les recettes mensuelles du Trésor provincial sont estimées à environ 12 milliards de francs congolais, tandis que l’appui budgétaire destiné à l’Assemblée provinciale s’élève à environ 500 millions de francs congolais par mois. Dans ce contexte, le retard accumulé apparaît difficilement justifiable au regard des besoins institutionnels.
Le bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central en appelle ainsi à l’exécutif provincial afin que les mécanismes de rétrocession soient respectés et régularisés, dans le souci de garantir le fonctionnement normal des institutions démocratiques provinciales.




Le troisième point de la réunion a été consacré à l’examen du rapport administratif et financier couvrant la période de mars à septembre 2025. Ce document est actuellement en cours d’analyse par le bureau et sera présenté à la plénière lors de la séance prévue dans les prochains jours, conformément au calendrier interne de l’institution.
Enfin, au chapitre des divers, la question de l’érection de l’agglomération de Kamba en ville a été abordée. À cet effet, les échanges ont impliqué les autorités provinciales, notamment le gouverneur de province, représenté par le ministre provincial de l’Intérieur. Il a été convenu de la mise en place d’une commission mixte réunissant l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial, chargée d’examiner les modalités techniques et administratives du dossier.



Cette démarche s’inscrit dans le cadre des dispositions légales relatives aux entités territoriales décentralisées, qui confèrent au gouvernement central la compétence d’ériger une agglomération en ville, sur base d’un avis de conformité émis au niveau provincial.
À l’issue de cette deuxième réunion du bureau de la session de mars 2026, le rapport présenté par le rapporteur adjoint, Guylain Mpanzu, indique, noir sur blanc, une institution engagée dans un exercice d’équilibre délicat entre exigences de gouvernance interne, contraintes financières et responsabilités institutionnelles.

Exode Manonga
