Au Kongo Central, certaines annonces publiques continuent de résonner plus fort que les réalisations visibles sur le terrain. Entre promesses institutionnelles, lignes budgétaires exécutées et chantiers inexistants ou à l’arrêt, la question de l’effectivité des projets publics revient avec insistance dans le débat provincial. Parmi les dossiers qui alimentent aujourd’hui les interrogations figurent notamment la construction du stade Papa Kitemoko ainsi que plusieurs projets de morgues provinciales annoncés dans différentes localités.
Des fonds auraient été décaissés pour ces projets. Selon Papy Mantezolo Diantezua, élu de Luozi et ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, ces fonds n’ont pas donné de résultats tangibles sur le terrain. Lors des assises de la NDK à Mbanza-Ngungu, il a dénoncé des décaissements massifs pour des projets restés invisibles et s’est interrogé sur l’indignation sélective de l’opinion publique, qui se concentrerait exclusivement sur sa personne, alors que d’autres projets bénéficient de financements sans que personne n’en rende compte.

Le stade Papa Kitemoko, longtemps présenté comme prioritaire pour la province, devait devenir une infrastructure sportive emblématique. Pourtant, malgré les financements alloués, aucune structure achevée ne permet de constater l’avancée réelle des travaux. Le même constat prévaut pour les morgues provinciales annoncées à Mbanza-Ngungu, Kisantu, Kasangulu, Kimvula et Luozi, dont la construction reste, à ce jour, invisible aux yeux des populations.
Ces situations relancent avec acuité la question de la traçabilité des fonds publics et de la redevabilité des gestionnaires. Dans un contexte où les ressources provinciales sont limitées et les besoins sociaux pressants, chaque franc engagé est attendu sur le terrain, sous forme d’ouvrages palpables et utiles. Les observateurs estiment que l’enjeu dépasse la simple polémique politique et révèle un problème structurel : l’exécution budgétaire semble parfois avancer plus vite que la réalisation physique des projets, fragilisant la confiance citoyenne et exposant l’action publique à des critiques permanentes.

Par cette sortie, Papy Mantezolo Diantezua a voulu replacer le débat sur la gouvernance provinciale dans une perspective plus large, appelant à une évaluation équitable et globale de la gestion des ressources publiques, au-delà des règlements de comptes politiques.
Au-delà des controverses, une exigence s’impose avec force : celle de la transparence. Les citoyens du Kongo Central attendent des réponses claires, documentées et vérifiables sur l’utilisation des fonds publics. Où en sont réellement ces projets ? Quels montants ont été engagés ? Quels prestataires ont été mobilisés ? Et surtout, quelles échéances réalistes peuvent être avancées ?
À défaut de réponses précises, les projets annoncés risquent de rejoindre la longue liste des initiatives restées à l’état de slogans, alimentant le sentiment d’abandon et d’impunité. Dans une province en quête de développement réel et mesurable, la clarification autour des morgues provinciales et du stade Papa Kitemoko apparaît désormais comme un test majeur de crédibilité pour les institutions et les gestionnaires publics.
Josué Muleli