Dans le Kongo-Central, l’état de la route reliant la localité de Kisonga, située sur la Route Nationale n°1 (RN1), au village Mativa, en direction du groupement de Mbanza Manteke, suscite une vive inquiétude. Situé dans le secteur de Bamboma, cet axe constitue un maillon essentiel pour les échanges commerciaux et les déplacements dans cette partie du territoire de Songololo. Mais son délabrement très avancé plonge les populations dans une détresse croissante.

Sur le terrain, la circulation devient un véritable parcours du combattant. La chaussée, fortement endommagée, est parsemée de nids-de-poule profonds et de bourbiers qui rendent le trajet non seulement difficile mais aussi périlleux, surtout en saison de pluies. Cette situation affecte directement les activités économiques locales, essentiellement agricoles.
« Nous produisons du manioc, des fruits, des légumes… Mais beaucoup pourrissent avant d’arriver aux centres de consommation. Parfois, on doit tout jeter », confie un commerçant de Mativa, désabusé. Comme lui, plusieurs habitants témoignent de pertes régulières dues à l’impraticabilité de la route.

Au-delà des pertes économiques, c’est tout un tissu social qui se fragilise. Les difficultés d’accès perturbent aussi l’approvisionnement en biens de première nécessité, limitent l’accès aux soins de santé et compliquent la scolarisation des enfants dans certains villages. Plusieurs familles évoquent un sentiment d’abandon de la part des autorités.

Jusqu’ici, aucune initiative concrète de réhabilitation n’a été engagée sur cet axe, malgré son importance stratégique pour la province. Les habitants, de plus en plus lassés, lancent un appel pressant aux autorités provinciales et nationales pour une intervention rapide. À l’heure où le gouvernement central affiche des ambitions de relance agricole et d’intégration des zones rurales, la situation de la route Kisonga-Mativa pose la question de la cohérence entre les discours et la réalité sur le terrain.
Josué Muleli