Le projet d’asphaltage de la route d’accès au site universitaire de l’Université Kongo à Luvaka, officiellement lancé par les autorités provinciales en mars 2025, n’a toujours pas connu de début d’exécution. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations quant à l’avenir de cette infrastructure essentielle.
Une route stratégique dans un état critique

La route reliant la Route Nationale n°1 (RN1) au site universitaire de Mbanza-Luvaka, à Mbanza-Ngungu, se trouve aujourd’hui dans un état de dégradation très avancé. Considérée comme un axe vital pour l’accès des étudiants, du personnel académique, administratif et des riverains, cette voie est devenue difficilement praticable, voire dangereuse, surtout en période de pluies.

Nids-de-poule profonds, érosion progressive, ravins et glissements de terrain entravent quotidiennement la circulation. Des véhicules tombent régulièrement en panne, les motos peinent à traverser certains tronçons, tandis que de nombreux étudiants sont contraints de parcourir à pied de longues distances dans des conditions éprouvantes.
Un lancement officiel porteur d’espoir

C’est dans ce contexte que le samedi 01 mars 2025, le Gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Bilolo, avait procédé au lancement officiel des travaux d’asphaltage de cette route stratégique. L’événement s’était déroulé en présence de plusieurs autorités politico-administratives provinciales, de responsables universitaires ainsi que d’acteurs locaux.

À cette occasion, des engins de chantier avaient été déployés dès la veille, renforçant l’espoir d’un démarrage rapide des travaux. L’annonce avait été largement saluée par la communauté universitaire, qui voyait enfin se dessiner une solution durable à un problème récurrent.
Une année plus tard, aucun chantier visible

Cependant, près d’une année après ce lancement officiel, aucune avancée concrète n’est visible sur le terrain. En 2026, les travaux d’asphaltage n’ont toujours pas débuté, laissant place à une profonde déception et à de nombreuses interrogations.

Les fortes pluies enregistrées ces derniers mois ont aggravé l’état déjà précaire de la route, accentuant les difficultés d’accès au campus. Seuls des travaux de cantonnage manuel, récemment entrepris, permettent de maintenir un minimum de circulation pour les véhicules et les motos. Une solution temporaire, loin de répondre aux ambitions initialement affichées.
Une communauté universitaire à bout de patience

Des images capturées récemment par nos confrères de Mbanza-ngungu, témoignent du calvaire quotidien vécu par la communauté universitaire. Étudiants, enseignants et membres du personnel expriment leur lassitude face à une situation qui perdure, malgré les engagements officiels.

Pour beaucoup, cette route symbolise aujourd’hui l’écart entre les annonces politiques et la réalité du terrain. Une frustration d’autant plus grande que l’Université Kongo constitue un pôle majeur de formation et de développement du capital humain dans la province du Kongo Central.
Des questions sans réponses claires

Face à cette situation, une question revient avec insistance : quand les travaux promis vont-ils effectivement commencer ? Aucune communication officielle récente n’est venue éclairer l’opinion sur les raisons du retard ni sur un éventuel nouveau calendrier d’exécution.
Dans un contexte où l’amélioration des infrastructures routières demeure un levier essentiel pour le développement de l’enseignement supérieur et de la province en général, l’inaction autour de ce projet interroge sur la planification, le suivi et la gouvernance des projets publics.
Une urgence devenue incontournable

Plus qu’un simple chantier routier, l’asphaltage de la route de l’UK Luvaka représente un enjeu social, académique et économique. Sa réalisation permettrait non seulement de sécuriser la circulation, mais aussi de garantir un accès digne à un site universitaire de référence. À défaut d’une reprise rapide et effective des travaux, cette route risque de demeurer le symbole d’un projet lancé en grande pompe mais jamais exécuté, au détriment de toute une communauté.
Josué Muleli