Le bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central se penche ce lundi 26 janvier 2026 sur un dossier qui pourrait marquer un tournant dans la gouvernance provinciale. Il s’agit du réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation, sollicitant l’ouverture d’une instruction judiciaire contre le Gouverneur de province, Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, dans le cadre d’irrégularités financières présumées révélées par l’Inspection générale des finances (IGF).
Conformément aux procédures légales, le Bureau a invité le Gouverneur à prendre connaissance du réquisitoire et à répondre aux questions des élus provinciaux, dans un esprit de transparence et de collaboration institutionnelle. Cette initiative place l’Assemblée provinciale au centre de l’action, mais souligne également que le Gouverneur est désormais le sujet actif du dossier, confronté à la nécessité de s’expliquer publiquement.

Le réquisitoire de la Cour de cassation fait suite à un audit de l’IGF couvrant la période janvier–décembre 2025, qui pointe plusieurs irrégularités financières présumées, impliquant le Gouverneur, la Direction des recettes provinciales, certaines entités territoriales décentralisées et des redevables publics. Le montant total des sommes en question avoisine un million de dollars américains, réparti entre malversations, détournements présumés et fonds non affectés à des travaux d’intérêt commun.
Pour l’Assemblée provinciale, cette réunion constitue un test de la capacité de l’organe délibérant à exiger transparence et responsabilité. L’invitation adressée au Gouverneur marque une étape symbolique et pratique : il est désormais impossible de laisser le flou administratif prévaloir. Le Bureau devra analyser le dossier, entendre le Gouverneur et décider des suites à donner, dans le respect de la loi et de la présomption d’innocence.

Cette démarche note aussi la pression de l’opinion publique, qui suit de près le traitement du dossier et attend des actes concrets en matière de bonne gouvernance et de lutte contre l’impunité. Le Gouverneur Bilolo se retrouve ainsi face à un choix décisif : jouer cartes sur table devant l’Assemblée provinciale ou laisser les élus et la justice trancher.
Josué Muleli