Dimanche 22 février 2026, une délégation de députés provinciaux du Kongo Central (réunis dans le collectif « Sauvons la province) a choisi Nkamba, la cité spirituelle de l’Église kimbanguiste, pour adresser un message fort : « confier la province entre les mains de Dieu » et appeler à la cohésion institutionnelle dans un contexte marqué par des tensions persistantes. Conduite par le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu Ntubuanga, président du parti politique AVC, dont le gouverneur du Kongo Central est membre, la délégation comptait parmi ses membres Papy Mantezolo, ancien président de l’Assemblée provinciale, Ruffin Kisilu (Matadi), Demouton (Mbanza-Ngungu) et Khiendo Khiendo Désiré (Lukula), élu sur la liste du CDER et vice-président de son parti.
Une démarche religieuse au service de la cohésion

Au centre de cette visite : un culte de prière conduit par Son Éminence Simon Kimbangu Kiangani, chef spirituel de l’Église kimbanguiste. La cérémonie a été suivie de discussions sur la cohésion provinciale, en particulier les relations entre l’organe délibérant et le gouvernorat.
Dans le Kongo Central, Nkamba n’est pas seulement un lieu de culte : c’est un espace symbolique où le spirituel et le politique se rejoignent. Les analystes relèvent que cette démarche peut être interprétée à la fois comme un acte de foi sincère et comme un moyen de consolider un message politique dans un contexte institutionnel délicat.
Le gouverneur, visiteur récent de Nkamba

Cette séquence des députés s’inscrit dans la continuité de la visite du gouverneur du Kongo Central, Grâce Bilolo, qui s’était rendu à Nkamba le 7 février dernier. Ce déplacement précédait son départ pour Kinshasa afin de répondre à la convocation du Procureur général près la Cour de cassation dans un dossier de détournements présumés de deniers publics, portant sur plusieurs millions de dollars.

Depuis son entrée en fonction en juin 2024, Grâce Bilolo s’est rendu à plusieurs reprises dans la « Terre Sainte ». Si la dimension religieuse de ces visites est indéniable, le contexte judiciaire confère à la rencontre du 7 février une portée particulière et alimente les analyses sur la signification politique de ces démarches.
Foi, cohésion ou stratégie politique ?

La juxtaposition de ces visites : celle des députés le 22 février et celle du gouverneur le 7 février, souligne le rôle central de Nkamba dans les dynamiques institutionnelles du Kongo Central. Pour certains, il s’agit d’une démarche spirituelle sincère et d’un appel à l’unité provinciale. Pour d’autres, ces visites traduisent également un calcul politique, visant à renforcer la légitimité morale ou à consolider des alliances symboliques.
Entre exigences de transparence, cohésion institutionnelle et influence du facteur religieux, le Kongo Central traverse une période sensible. La portée réelle de ces consultations dépendra désormais moins des symboles que des décisions concrètes prises par les institutions provinciales dans les semaines à venir.
Josué Muleli