Le silence budgétaire autour des frais de rétrocession commence à peser lourdement sur les communes du Kongo Central. Plus d’une année sans recevoir le moindre franc de rétrocession : un constat alarmant que les Bourgmestres de Boma et de Matadi ont porté, ce lundi 3 novembre 2025 à Matadi, chef-lieu de la province, à la connaissance du président de l’Assemblée provinciale, l’Honorable Victor Nsuami Mpaka.

Les représentants des exécutifs urbains ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière précaire dans laquelle se trouvent leurs entités. Selon eux, le non-versement prolongé des rétrocessions par la province compromet non seulement le fonctionnement des services communaux, mais aussi la mise en œuvre des actions de proximité attendues par la population.
« Depuis plus d’une année, officiellement, par voie de l’Ordonnancement délégué (OD) provincial, nous n’avons jamais reçu de rétrocession. Pourtant, selon les documents en notre possession, il est établi qu’à plusieurs reprises, les ETDs ont bel et bien été bénéficiaires de ces fonds », a déclaré Oscar Mbuinga Kintulumukila, bourgmestre de la commune de Mvuzi à Matadi, visiblement préoccupé par la situation.

Pour ces autorités locales, l’heure n’est plus aux constats mais à l’action. Elles appellent à une intervention rapide du président de l’organe délibérant afin de rétablir le flux normal des transferts financiers dus aux entités territoriales décentralisées. « Même les frais de rétrocession des taxes d’intérêt commun nous sont retirés », a insisté le bourgmestre de Mvuzi, évoquant une double privation qui fragilise davantage les structures locales.

En réponse, le président de l’Assemblée provinciale s’est montré attentif aux doléances de ses interlocuteurs. Selon les participants à la rencontre, Victor Nsuami Mpaka a promis d’examiner le dossier avec diligence, dans le souci de favoriser une meilleure gouvernance locale et de renforcer la collaboration entre institutions provinciales.

Reconnaissants de cette oreille attentive, les bourgmestres ont salué le sens d’écoute et la disponibilité du président de l’Assemblée. « Nous avons parlé avec un Papa. Je n’ai pas vu un Président de l’Assemblée, mais un père attentif et réceptif. Il nous a promis des solutions idoines », a confié Oscar Mbuinga à l’issue de la rencontre.

Alors que la décentralisation reste un pilier essentiel du développement local, cette rencontre remet sur la table le débat sur la transparence et la régularité des rétrocessions. Reste à savoir si cette interpellation ouvrira la voie à des réformes concrètes pour sortir les communes du Kongo Central de l’asphyxie financière.
Josué Muleli
