À Kimpese, dans le territoire de Songololo (Kongo Central), une tension latente autour de l’occupation d’une portion du parking desservant les axes stratégiques Matadi et Mbanza-Ngungu a finalement trouvé une issue d’apaisement, après plusieurs jours de crispation entre transporteurs et opérateurs économiques.
Au centre de la controverse : l’installation d’un hangar attribué à l’établissement Dibasema, perçu par une partie des chauffeurs comme une emprise progressive sur un espace public vital à la fluidité des opérations de stationnement. Une situation qui a rapidement cristallisé les tensions avec l’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO), attachée à la préservation intégrale de l’aire de manœuvre des véhicules.

Face à l’escalade des inquiétudes et aux échanges parfois vifs sur le terrain, l’administrateur du territoire de Songololo, Évariste Kazadi Mukeba, a convoqué une réunion de clarification réunissant les différentes parties prenantes, le mercredi 10 juin, au bureau secondaire du territoire.
Une médiation sous haute vigilance administrativeL’objectif de cette rencontre était clair : remettre de la lisibilité dans un dossier devenu hautement sensible au sein de l’opinion locale, et rappeler les contours juridiques de l’autorisation d’occupation dite « précaire » accordée à Dibasema.

Selon les explications fournies au cours des échanges, il ne s’agit ni d’une cession, ni d’une privatisation d’une parcelle du domaine public, mais d’une autorisation encadrée, strictement révocable, destinée à permettre une activité économique de petite envergure, dans une logique d’encouragement des initiatives locales.
Un compromis arraché au prix du réajustement de l’espaceSous la pression des inquiétudes exprimées par les chauffeurs, soucieux de ne pas voir leur espace de travail réduit, un ajustement a été opéré. L’emprise initialement envisagée pour l’installation du hangar a été réduite, afin de préserver la fonctionnalité du parking et garantir la continuité des opérations de transport.
Ce rééquilibrage spatial, loin d’être anodin, a constitué le point d’ancrage du compromis final. Il permet désormais une cohabitation encadrée entre activité commerciale et usage public du site, sans compromettre la fluidité des manœuvres des véhicules de transport.
L’État réaffirme sa maîtrise du domaine public

Dans une mise au point jugée nécessaire pour clore les interprétations divergentes, l’autorité territoriale a rappelé que l’espace concerné demeure intégralement sous gestion étatique. Aucune appropriation privée n’est juridiquement possible sur ce type d’emprise.
« Cet espace appartient à l’État et demeure sous sa gestion. Il ne relève ni de l’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO) ni d’un particulier. L’autorisation accordée à l’établissement Dibasema s’inscrit dans une démarche d’encadrement des initiatives locales et de promotion des activités génératrices de revenus. Après concertation, un compromis a été trouvé afin que personne ne soit lésé. La superficie a été réduite pour permettre la coexistence des activités. Il s’agit d’une occupation strictement précaire : aucun droit de propriété n’est établi et l’État peut récupérer cet espace à tout moment pour utilité publique », a déclaré Évariste Kazadi Mukeba.
Une sortie de crise par le dialogue

Dans la foulée, une descente sur le terrain a été effectuée en présence des services de sécurité et des représentants des transporteurs, permettant de constater l’effectivité des ajustements annoncés et de calmer les dernières inquiétudes.
Cette démarche, fondée sur la concertation et la régulation progressive des tensions, illustre une volonté assumée des autorités locales : éviter l’enlisement des conflits d’usage et privilégier des solutions d’équilibre entre dynamisme économique et préservation de l’intérêt général.
Kimpese vers un apaisement durable

Au terme de cet épisode, Kimpese semble renouer avec une forme de stabilité relative. Le compromis trouvé, adossé à une réduction mesurée de l’emprise du projet, marque moins une fin de controverse qu’une tentative de gouvernance pragmatique des espaces publics.
Dans une zone où les enjeux de mobilité, d’économie locale et d’occupation foncière se croisent avec intensité, l’arbitrage opéré par l’administration territoriale s’impose comme un signal : celui d’une recherche d’équilibre permanent entre les impératifs du développement et la préservation des biens communs.
Josué Muleli
