New-York, le 12 mars 2026 – Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo ne faiblit pas dans son plaidoyer pour l’application des sanctions contre le Rwanda et ses alliés de l’AFC/M23. Lors d’un événement parallèle à la 70ème session de la Commission de la Condition de la Femme (CSW70), organisé en collaboration avec le Gouvernement ukrainien, la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a une nouvelle fois dénoncé l’utilisation des violences sexuelles comme arme dans la guerre économique imposée par le régime de Kagame dans la partie Est du territoire national congolais.
Augmentation des cas de violences sexuelles dans l’Est du pays

Ce front commun entre Kinshasa et Kiev vise à unir les forces pour la réparation et la justice face aux violences sexuelles liées aux conflits. L’Ukraine, qui se trouve dans une situation sécuritaire délicate depuis février 2014, se reconnaît dans le dossier de la RDCongo. Dans son discours devant l’assistance, la Cheffe du Gouvernement congolais a rappelé que, dans l’Est de son pays, « la guerre ne se limite pas aux champs de bataille. Elle se déroule aussi sur le corps des femmes, des filles et des enfants », a-t-elle fustigé.
D’un ton ferme, la Première Ministre a décrié ces violences utilisées comme armes de terreur, d’humiliation et de domination depuis plus de deux décennies, ainsi que leur impact destructeur sur les vies, les familles et les communautés entières. « Le Rapport Mapping des Nations Unies, publié en 2010 par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a déjà révélé l’ampleur des atrocités commises dans mon pays. Et aujourd’hui encore, la situation reste alarmante. Selon l’UNICEF, les violences sexuelles contre les enfants ont triplé depuis janvier 2025, dans un contexte marqué par la poursuite de l’agression dont la République démocratique du Congo est victime, notamment à travers le soutien du Rwanda à la rébellion AFC/M23 », a révélé Judith Suminwa.

Face à cette tragédie humaine, le Gouvernement de la RDC, sous le leadership du Président Felix Antoine Tshisekedi, a accéléré les réformes pour lutter contre l’impunité, renforcer la justice transitionnelle et garantir des réparations aux victimes. Pour Judith Suminwa, la relance de la Politique nationale de réforme de la justice (2017-2026) constitue une étape majeure.
Dans ce combat acharné, Kinshasa prend ses responsabilités en modernisant son système judiciaire, notamment par la numérisation des dossiers, le renforcement des institutions et la mise en place des mécanismes de réparation crédibles. La Première Ministre a annoncé que ces efforts sont soutenus par plusieurs initiatives structurantes entre autres : le Plan national d’action sur la Résolution 1325, adopté en 2025, qui renforce la lutte contre les violences sexuelles et protège les droits des femmes ; le FONAREV, qui marque un tournant important. « Il permet de passer d’une réponse humanitaire ponctuelle à une politique de réparation durable, fondée sur une approche intégrée reliant urgence, humanitaire et développement », a-t-elle expliqué, tout en reconnaissant l’ampleur du défi.
Lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits : les États appelés à l’unité

Considérant l’immensité des défis, la persistance de l’insécurité, la difficulté d’identifier toutes les victimes et l’insuffisance des ressources financières, Judith Suminwa a invité l’assistance à des actions collectives. « C’est pourquoi cette lutte ne peut être menée seule. Elle exige une solidarité internationale renforcée, des financements innovants et une mobilisation collective à la hauteur de l’urgence. Car, au-delà des chiffres et des rapports, il s’agit d’une question fondamentale de dignité humaine », a-t-elle insisté.

Pragmatique, elle a conclu que les violences sexuelles dans les conflits ne sont pas une fatalité : « Elles sont le résultat de l’impunité. Et l’impunité est un choix que la communauté internationale peut décider de ne plus tolérer. » Pour rappel, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka est en mission à New York depuis le 9 mars dernier dans le cadre des activités relatives aux droits des femmes. Elle y porte la voix de la RDCongo face à l’agression rwandaise et dénonce les violences de tous genres commises contre son peuple pour des sanctions ciblées à l’endroit de leurs auteurs.

CELCOM PRIMATURE/NTEMO CD
