La nuit du samedi 28 février au dimanche 01 mars 2026 a brutalement rappelé la fragilité de la sécurité sur l’axe routier reliant la capitale au littoral. Aux premières heures du jour, aux environs de 3 heures du matin, un convoi de véhicules en provenance de Kinshasa a été intercepté au niveau du village Kanda Kanda, dans le territoire de Songololo dans le Kongo Central.
Selon des témoignages concordants, un groupe d’au moins huit hommes armés a contraint les automobilistes à l’arrêt avant de procéder à une fouille systématique des passagers. Les assaillants ont emporté effets personnels, documents de voyage, appareils électroniques et liquidités, opérant avec une assurance qui a profondément marqué les victimes. Parmi elles, Naomie Sessengi décrit une scène d’une rare violence psychologique :
« Ils ont tout pris, sans distinction. Nous avons été humiliés, fouillés jusque dans notre intimité. Personne n’a été épargné. »
Cet épisode, loin d’être un fait isolé, s’inscrit dans une dynamique d’insécurité persistante le long de la Route nationale 1 (RN1l. Axe vital reliant Matadi à la capitale (Kinshasa), cette infrastructure stratégique constitue l’une des principales voies de circulation des personnes et des marchandises du pays. Pourtant, à la tombée de la nuit, de nombreux usagers décrivent un itinéraire où la mobilité s’accompagne désormais d’une inquiétude constante.

Les modes opératoires observés traduisent une criminalité opportuniste mais organisée, exploitant l’isolement de certains tronçons pour imposer des embuscades rapides et efficaces. L’attaque de Kanda Kanda illustre une réalité plus large : celle d’un corridor économique majeur dont la sécurisation demeure un défi structurel.
Au-delà des pertes matérielles, ces agressions produisent un impact durable sur la confiance des voyageurs et sur la perception de sûreté d’un axe essentiel à l’activité nationale. La question sécuritaire se pose ainsi en termes de contrôle territorial et de protection des flux, enjeux déterminants pour la stabilité des échanges entre la capitale et le principal débouché maritime du pays. Face à cette situation, les autorités sont attendues sur des réponses capables de rétablir la confiance des usagers et de garantir l’intégrité de cette artère stratégique. Car sur l’axe Kinshasa–Matadi, la sécurité routière n’est plus seulement une exigence de circulation : elle devient une condition de continuité économique et d’autorité publique.
Josué Muleli