À Kimpese, une autorisation administrative censée encadrer une occupation temporaire de l’espace public s’est transformée en sujet de vive controverse. Au cœur des débats : la construction d’un hangar sur une portion du parking desservant notamment les axes Matadi et Mbanza-Ngungu, un site considéré par de nombreux usagers comme un espace d’intérêt collectif indispensable au bon fonctionnement des activités de transport.
L’affaire trouve son origine dans une autorisation d’occupation des emprises publiques délivrée par l’administration territoriale de Songololo au bénéfice de l’établissement Dibasema. Signé par l’administrateur du territoire, Évariste Kazadi Mukeba, le document autorise l’occupation à titre précaire d’un espace de 4 mètres sur 3 destiné à l’exercice d’activités de commerce général au niveau du carrefour de la Route Nationale n°1, dans le Quartier II Centre commercial de Kimpese.

Sur le papier, les conditions paraissent clairement établies : maintien de la circulation des piétons, assainissement régulier du site, caractère provisoire de toute construction et possibilité pour l’État de mettre fin à l’autorisation pour cause d’utilité publique. Mais sur le terrain, la matérialisation de cette autorisation a rapidement provoqué une onde de choc au sein de la communauté des transporteurs.
La construction du hangar, effectuée dans la nuit du 2 au 3 juin, a été perçue par plusieurs chauffeurs comme une emprise sur un espace déjà fortement sollicité par les activités de transport. Dès les premières heures de la matinée, la colère a gagné le parking, où de nombreux conducteurs ont exprimé leur désaccord face à une initiative qu’ils estiment contraire à la vocation première du site.

Dans un climat devenu particulièrement tendu, le hangar a finalement été déplacé de son emplacement initial vers un autre site situé à proximité du bureau de la cité. Ce déplacement n’a toutefois pas dissipé toutes les interrogations. Plusieurs habitants continuent de s’interroger sur les circonstances ayant conduit à la délivrance de cette autorisation et sur l’évaluation préalable de son impact sur les usagers du parking.
Parallèlement, certaines sources locales soutiennent que l’autorité territoriale n’aurait pas disposé de l’ensemble des éléments nécessaires lors de l’examen du dossier. Ces affirmations n’ont, à ce jour, fait l’objet d’aucune confirmation officielle. L’administration territoriale ne s’est pas encore prononcée publiquement sur ces allégations, préférant privilégier la collecte des informations avant toute communication détaillée.

Conscient de la sensibilité du dossier, l’administrateur du territoire de Songololo, Évariste Kazadi Mukeba, a annoncé une descente sur le terrain prévue le 9 juin 2026. Cette démarche vise à établir les faits, écouter les différentes parties concernées et apprécier les enjeux réels d’une affaire qui dépasse désormais le simple cadre d’une occupation temporaire de l’espace public.
Au-delà de la polémique, cette situation souligne la délicate articulation entre initiatives économiques, gestion du domaine public et acceptabilité sociale des décisions administratives. À Kimpese, l’attente est désormais tournée vers les conclusions de la mission annoncée par l’autorité territoriale, dans l’espoir qu’elles permettent de dissiper les zones d’ombre et de restaurer un climat de confiance entre administration et citoyens.
Josué Muleli
