La rigueur parlementaire paie. À la suite des interventions déterminées du sénateur Baby Vangu et du député national Stalonne Mavungu, les autorités nationales et provinciales ont dépêché deux missions d’enquête distinctes à Seke-Banza, dans la province du Kongo Central, pour faire la lumière sur les activités minières jugées controversées dans la zone de Temba.
Ces démarches, initiées dans un souci de transparence et de bonne gouvernance, traduisent la réactivité du Ministère national des Mines et de l’Assemblée provinciale du Kongo Central face à des allégations d’exploitation aurifère et diamantifère non conforme à la législation en vigueur.
Une mission nationale conduite par le Cabinet du Ministre des Mines
La première mission, mandatée par le ministre national des Mines, a quitté Kinshasa le 2 novembre 2025 pour une durée de sept jours. Placée sous la direction de Clovis Kabongo Malemba, directeur de cabinet du ministre, cette équipe comprend plusieurs hauts responsables, dont l’Inspecteur général des Mines, Didier Kaku Kingwabidi, et des experts du SAEMAPE.
Selon l’ordre de mission collectif signé le 01 Novembre 2025, cette délégation a pour mandat de :
S’enquérir de la situation des activités minières illicites dans le territoire de Seke-Banza, notamment à Temba ;
Vérifier les titres miniers et documents administratifs des sociétés opérant dans la zone ;
Évaluer l’impact environnemental et social des exploitations sur les cours d’eau et les communautés locales, particulièrement sur la rivière Mbavu ;
Et documenter toute fraude ou infraction minière observée sur le terrain.
Leur mission couvre un itinéraire incluant Kinshasa – Mbanza-Ngungu – Seke-Banza – Tshela – Kinshasa, avec un retour prévu le 9 novembre 2025.
Une seconde mission provinciale en appui

En parallèle, une seconde mission d’enquête, diligentée par l’Assemblée provinciale du Kongo Central, est attendue sur les lieux le 4 novembre 2025.
Cette équipe, composée de députés provinciaux et de techniciens miniers, aura pour rôle de compléter le travail du niveau national, afin d’assurer une coordination institutionnelle efficace et d’éviter les doublons.
Cette démarche conjointe démontre la volonté claire des deux niveaux de pouvoir national et provincial de travailler en synergie pour garantir la transparence, la légalité et la redevabilité dans la gestion du secteur minier.
Le rôle déterminant de Baby Vangu et Stalonne Mavungu

Tout a commencé par une motion d’information introduite le 29 octobre 2025 au Sénat par le sénateur Baby Vangu, soucieux d’alerter le gouvernement sur des activités minières suspectes menaçant l’environnement et les intérêts des populations locales. Le lendemain, le député national Stalonne Mavungu adressait au ministre des Mines une lettre de dénonciation circonstanciée, demandant une intervention urgente et la vérification de la légalité des opérations minières dans la zone.
Par leur initiative, ces deux parlementaires ont pleinement joué leur rôle de contrôle et de veille citoyenne, rappelant que la responsabilité des élus ne se limite pas à la législation, mais s’étend à la protection du patrimoine national et à la promotion d’une exploitation minière responsable et durable.
Une étape cruciale vers la transparence minière

Les résultats attendus de ces missions devraient permettre de clarifier les responsabilités, identifier d’éventuelles irrégularités et proposer des mesures correctives adaptées à la réalité du terrain. Ils pourraient également servir de base à une réforme plus rigoureuse du contrôle minier local, souvent mis à mal par des pratiques non conformes.
En initiant ce débat et en suscitant une réponse institutionnelle coordonnée, Baby Vangu et Stalonne Mavungu signent un acte fort de vigilance parlementaire. Leur démarche s’inscrit dans une dynamique de bonne gouvernance, où les élus et les institutions conjuguent leurs efforts pour défendre l’intérêt public et préserver les ressources naturelles du pays.
Josué Muleli
