Le village Mazinga, situé dans le secteur de la Luima, territoire de Songololo, dans la province du Kongo Central, est en proie à des conflits fonciers persistants opposant deux branches du clan Clan Mfutila Ne Wembo, toutes deux établies en République démocratique du Congo (RDC), dont l’une est toutefois d’origine angolaise. Bien que partageant une même ascendance clanique, ces deux groupes s’affrontent aujourd’hui autour de la gestion des terres et de la question du leadership local.
Un village frontalier au centre des tensions

Mazinga est un village frontalier, situé à proximité immédiate de la limite entre la RDC et la République d’Angola. Cette position géographique particulière confère au conflit une dimension sensible, où se croisent enjeux coutumiers, fonciers et administratifs.
Selon les témoignages recueillis par le journaliste d’investigation Joli Toko, la situation demeure confuse et tendue, d’autant plus que le dossier est déjà pendant devant la justice, sans qu’une décision définitive n’ait encore été rendue. L’absence de jugement alimente l’incertitude et favorise des interprétations divergentes au sein de la population locale.
Le leadership coutumier au cœur du différend

Au centre de la discorde se trouve la question du leadership traditionnel. La branche du Clan Mfutila Ne Wembo considérée comme autochtone par une partie des habitants conteste la légitimité d’un chef issu de la branche d’origine angolaise, bien que celle-ci soit aujourd’hui implantée en RDC.
Selon les populations locales interrogées, ce leadership serait perçu comme une tentative d’imposer des règles et une autorité sur un espace que certains estiment ne pas relever de l’héritage foncier originel de cette branche du clan. De son côté, la branche d’origine angolaise revendique son appartenance historique au Clan Mfutila Ne Wembo et son droit à participer à la gestion du village.
Soupçons autour de la gestion administrative

Plusieurs témoignages recueillis à Mazinga mettent également en cause le chef de secteur, accusé par certains habitants de jouer un rôle déterminant dans l’aggravation du conflit. Il lui est reproché de vouloir transformer le village en une agglomération à des fins personnelles.
Des sources locales évoquent en outre la présence présumée de ressources minières, notamment des diamants, dans la zone. Bien que ces informations n’aient pas été confirmées officiellement, elles renforcent les soupçons autour des véritables enjeux du conflit foncier.
Un climat de tension préoccupant

Dans ce contexte, des membres se réclamant de la branche autochtone du clan Clan Mfutila Ne Wembo ont exprimé leur ferme opposition à toute décision qu’ils jugeraient imposée. Certains ont même évoqué un possible recours à des armes artisanales en cas de passage en force, une situation qui inquiète quant au risque d’escalade de la violence.
Face à cette tension croissante, plusieurs voix au sein de la communauté appellent à la retenue, au dialogue et au respect des voies légales pour éviter toute dégradation de la situation sécuritaire.
Les autorités provinciales saisies

Selon les informations rapportées par le journaliste Joli Toko, le ministre provincial de l’Intérieur est informé de la situation. Aucune communication officielle n’a cependant été faite à ce jour sur les mesures envisagées pour désamorcer la crise ou accélérer le traitement judiciaire du dossier.
Dans l’attente d’une décision de justice et d’une éventuelle médiation des autorités administratives et coutumières, le village Mazinga reste dans l’expectative. Pour de nombreux habitants, l’enjeu principal demeure la préservation de la paix sociale, du vivre-ensemble et du respect des droits fonciers dans cette zone frontalière stratégique du Kongo Central.
Josué Muleli