En marge de la commémoration des martyrs de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le diocèse de Kisantu a organisé, ce samedi 03 janvier 2026, une messe solennelle d’action de grâce à la cathédrale Notre-Dame des Sept Douleurs de Kisantu, placée sous le signe de la paix, de la mémoire et du développement.
La célébration eucharistique a réuni plusieurs autorités politico-administratives et religieuses de la province du Kongo Central, parmi lesquelles le gouverneur Grace Bilolo, le rapporteur de l’Assemblée provinciale Billy N’tunga, des députés provinciaux, des ministres provinciaux ainsi que de nombreuses personnalités de la société civile.

Initiateur de cette célébration, Mgr Jean-Crispin Kimbeni, évêque de Kisantu, a salué dans son homélie la forte mobilisation des autorités et des fidèles, qu’il a qualifiée de témoignage éloquent de l’attachement du Kongo Central à la mémoire des héros nationaux. L’évêque a exprimé le souhait de voir le 4 janvier, déjà reconnu comme fête nationale, devenir au Kongo Central une date particulière de réflexion et de prière.

« Je voudrais de tous mes vœux que le 04 janvier, déjà fête nationale dans notre pays, devienne pour notre province une date de réflexion et de prière pour la paix et le développement. L’heure a sonné de prendre sérieusement conscience de la responsabilité historique de notre province, en raison de sa vocation originelle qui lui confère une mission singulière et importante pour notre pays », a-t-il déclaré.
Mgr Jean-Crispin Kimbeni a également insisté sur le devoir de mémoire, rappelant qu’« un peuple sans mémoire est un peuple sans histoire, et un peuple sans histoire est un peuple destiné à la disparition ».

Pour l’évêque de Kisantu, la meilleure manière d’honorer les martyrs de l’indépendance dont une grande partie est originaire du Kongo Central consiste à préserver et perpétuer leur héritage. « Ils nous ont légué l’amour du pays et de la province. Ils ont accepté le sacrifice suprême pour que nous retrouvions la liberté et la dignité. Ils ne nous ont pas laissé des divisions égocentriques, ni des antagonismes idéologiques nourris par la cupidité. Leur sang versé doit nous pousser à l’unité, au-delà de nos différences socio-politiques et religieuses », a-t-il souligné.

Chaque 4 janvier, la République démocratique du Congo se souvient des émeutes historiques du 4 janvier 1959, considérées comme un tournant décisif dans le processus menant à l’indépendance. Selon les chiffres officiels, 49 personnes avaient perdu la vie lors de ces événements, bien que l’ABAKO, principal parti politique de l’époque, ait avancé un bilan de plusieurs centaines de victimes.

Ces troubles avaient éclaté à la suite du retour des leaders congolais d’Accra, au Ghana, où la population, avide de connaître les expériences des premiers responsables politiques noirs du Congo belge, réclamait la tenue d’un meeting.

Le refus des autorités coloniales d’autoriser cette réunion avait alors plongé Léopoldville dans un désordre sans précédent, marquant le début irréversible de la lutte pour l’indépendance. À Kisantu, la messe célébrée en mémoire de ces martyrs s’est ainsi voulue un moment de recueillement, mais aussi un appel fort à l’unité, à la responsabilité collective et à l’engagement pour un Congo pacifié et tourné vers le développement.
Exode Manonga