Accueil » Budget 2026 au Kongo Central : le rejet de l’Assemblée et l’arrêté gouvernemental ouvrent-ils une crise institutionnelle ? Éléments de réponse

Budget 2026 au Kongo Central : le rejet de l’Assemblée et l’arrêté gouvernemental ouvrent-ils une crise institutionnelle ? Éléments de réponse

by Ntemo

Le processus d’adoption du budget provincial 2026 au Kongo Central connaît une séquence inédite qui interroge profondément le fonctionnement des institutions provinciales. En l’espace de quelques jours, deux décisions majeures, prises par deux pouvoirs distincts, ont ravivé le débat sur l’équilibre institutionnel, le respect des procédures budgétaires et la portée des mécanismes juridiques en cas de désaccord.

Un rejet parlementaire aux motivations assumées

Le samedi 13 décembre 2025, l’Assemblée provinciale du Kongo Central a déclaré non recevable le projet de budget pour l’exercice 2026, présenté une semaine plus tôt par le Gouverneur de province, Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo. Cette décision est intervenue à l’issue d’une séance plénière consacrée à l’examen de la recevabilité du texte et aux réponses apportées par le ministre provincial du Budget, Jean-Cornelis Mbilu.

La majorité des députés provinciaux a estimé que les préoccupations soulevées lors des échanges précédents n’avaient pas reçu de réponses suffisamment claires, détaillées et individualisées. Le vote majoritaire contre le projet a ainsi suspendu la procédure budgétaire, l’Assemblée invitant le Gouvernement provincial à corriger les insuffisances relevées et à soumettre une version révisée du texte.

Pour l’organe délibérant, cette non-recevabilité ne constituait pas un rejet définitif, mais un acte de contrôle parlementaire, conforme à son rôle constitutionnel en matière budgétaire.

Une réponse gouvernementale dictée par l’urgence du calendrier

Deux jours plus tard, le lundi 15 décembre 2025, le Gouverneur de province a convoqué une réunion extraordinaire du Conseil des ministres. À l’issue de cette session, l’Exécutif provincial a examiné et adopté un projet d’arrêté portant confirmation du budget provincial pour l’exercice 2026.

Le Gouvernement provincial justifie cette démarche par la contrainte du délai légal, en se référant à l’article 188 de la Loi relative aux finances publiques, qui encadre strictement les délais d’adoption et de mise en œuvre des budgets publics. Selon cette lecture, l’urgence administrative imposait une décision afin d’éviter un blocage du fonctionnement de la province et un vide budgétaire aux conséquences potentiellement lourdes.

Le contenu détaillé de l’arrêté adopté n’a, à ce stade, pas encore été rendu public.

Deux légitimités face à face

Cette succession d’événements place désormais le Kongo Central face à une zone grise institutionnelle. D’un côté, l’Assemblée provinciale, organe budgétaire par excellence, revendique son droit de contrôle, de débat et d’approbation du budget. De l’autre, le Gouvernement provincial invoque la loi et l’urgence du calendrier pour agir par voie réglementaire.

La question centrale demeure : le recours à un arrêté budgétaire peut-il suppléer un budget déclaré non recevable par l’Assemblée provinciale ? Juridiquement, les interprétations divergent. Politiquement, le risque est celui d’un affaiblissement du dialogue institutionnel, si les mécanismes de concertation venaient à céder la place à une logique de passage en force.

Crise institutionnelle ou tension maîtrisable ?

À ce stade, le terme de « crise institutionnelle » doit être manié avec prudence. Les institutions fonctionnent, les décisions sont prises dans un cadre légal revendiqué par chacune des parties, et aucun blocage total n’est encore constaté. Toutefois, les signaux de friction sont réels : divergence d’interprétation des textes, déficit de communication institutionnelle et climat de méfiance entre exécutif et législatif.

L’évolution de la situation dépendra largement de la capacité des acteurs à clarifier juridiquement les procédures, à publier les actes adoptés, et surtout à rétablir un cadre de dialogue respectueux des prérogatives de chaque institution. Dans une province où les attentes sociales sont élevées et où le budget conditionne la mise en œuvre des politiques publiques, l’issue de ce dossier dépassera largement le simple débat procédural. Elle constituera un test majeur pour la maturité institutionnelle du Kongo Central.

Josué Muleli

Partager:
Rejoindre notre groupe WhatsApp

LIRE AUSSI

QUI SOMMES NOUS ?

Ntemo CD, est une initiative d’informations générales, pensée et mise en place par un professionnel des médias congolais.
Cette plateforme se veut également un outil de désarmement de la désinformation, de formation et d’education aux médias.
Des fausses déclarations, affirmations et propagandes sont vérifiées par une équipe des vérificateurs des faits formés par AFP, ICFJ, Code for africa, IACA et Reuters-Meta Project
Ntemo Cd est aussi la première plateforme de fact-checking Kôngo. Nous sommes aussi une initiative de promotion de NTIC et de l’IA

ADRESSE & CONTACT

Av. Ngozela 3. Quartier 4 Madiadia, Kimpese, Kongo Central / RDC
Email : ntemocd@gmail.com
Phone: + 243 82 52 91 872 | 89 58 76 141

Equipe

Josué Muleli 
Exode Manonga 
Mfumu Diasilua 
Henock Makanzu 
Junior Mfumu 
David Kiladi 
Christevie Munzenza 
Borel Nsenga
Henock S
 

Ntemo CD © 2025 tous droits réservés. Designed and Developed by KING OSADO