Boma : la Mairie réintroduit les taxes sur les motos-taxis pour renforcer ses recettes locales

Ntemo
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Après plusieurs mois de suspension, la Mairie de Boma a procédé, le mercredi 15 octobre 2025, à la réintroduction officielle des taxes combinées de stationnement et de numérotation des motos-taxis. L’annonce a été faite par le maire ai, Me Claudelle Phemba Kiadi, lors d’une cérémonie en présence d’un comité restreint du Comité local de sécurité, des bourgmestres des trois communes, de la Police de circulation routière et des associations de motocyclistes.

Cette décision s’appuie sur l’ordonnance-loi n°18/004 du 13 mars 2018, qui autorise les entités locales à percevoir des taxes pour financer leurs activités et leurs infrastructures publiques. Selon la Mairie, cette relance vise à renforcer les recettes locales en vue de la construction de parkings et de hangars destinés aux conducteurs de motos-taxis. « Ces taxes sont légales et nécessaires. Elles permettront à la ville de Boma de disposer des moyens suffisants pour améliorer les conditions de travail des motocyclistes », a déclaré Me Claudelle Phemba Kiadi lors du lancement.

Le montant fixé est de 1.000 francs congolais par jour, à payer entre 7 heures 30 et 13 heures 00 dans les anciens postes de perception. Les agents taxateurs, identifiables par leurs gilets officiels, sont tenus de délivrer une preuve de paiement émise par la Mairie.

Cependant, avant même le lancement officiel, la mesure a suscité des mouvements de protestation dans certains quartiers. À la place Petrobaf, plusieurs motocyclistes ont exprimé leur mécontentement, estimant que la taxe représente une charge supplémentaire pour leur activité. Des pneus ont été brûlés, provoquant une brève perturbation de la circulation.

Malgré ces tensions, la Mairie maintient sa position et appelle les conducteurs au civisme fiscal, qu’elle considère comme une condition essentielle au développement local. « Le développement de Boma passe par la participation de tous aux charges publiques », a souligné un cadre du service urbain de transport terrestre, chargé de superviser la perception.

Certaines associations de motocyclistes appellent néanmoins à l’ouverture d’un cadre de concertation pour convenir des modalités pratiques de mise en œuvre, dans le souci d’éviter tout abus. En attendant, la Mairie affirme que la mesure sera appliquée de manière progressive et encadrée, dans le respect de la loi et des droits des contribuables.

MM/NTEMO.CD

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