Face aux députés nationaux, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a apporté ce jeudi des éclaircissements sur l’évolution récente du franc congolais, dont la stabilité constatée ces dernières semaines alimente de nombreux débats dans l’opinion. Dans un ton à la fois pédagogique et rassurant, le patron de l’institution d’émission a détaillé les mécanismes qui expliquent cette appréciation, tout en réaffirmant la solidité des fondamentaux monétaires du pays.

Répondant à une question d’actualité, André Wameso a d’abord rappelé le cadre légal qui confère au franc congolais son statut central dans les échanges économiques. « L’article 1er de la Constitution établit clairement que la monnaie nationale est le franc congolais. Et selon la réglementation de change, les transactions doivent se dénouer en monnaie nationale, sauf accord contraire entre parties », a-t-il précisé, soulignant ainsi la place incontournable du CDF dans le dispositif financier national.
Le Gouverneur de la BCC a ensuite expliqué que cette appréciation du franc congolais résulte d’une mesure technique bien ciblée : l’actualisation du taux de change appliqué au stock de la réserve obligatoire, auparavant cristallisée en monnaie nationale. Cette opération a permis, selon lui, de retirer du marché le surplus de liquidités à l’origine des tensions observées sur le marché des changes.

« Cette action a contribué à apaiser les pressions sur le taux de change. Aujourd’hui, nous constatons une stabilité réelle depuis près de trois semaines, avec un taux oscillant entre 2.200 et 2.300 CDF pour un dollar américain », a fait savoir André Wameso, assurant que la Banque Centrale dispose encore de tous les instruments nécessaires pour intervenir, si le besoin s’imposait.
Abordant la perception du public face à cette évolution, le Gouverneur a appelé à un changement de comportement économique, tant chez les opérateurs que chez les consommateurs. « Notre population a longtemps vécu avec la dépréciation continue du franc congolais. Le contexte a changé : il faut désormais épargner et consommer en monnaie nationale », a-t-il recommandé, estimant que cette nouvelle dynamique peut renforcer davantage la confiance et la stabilité monétaire.

Par cette intervention, André Wameso Nkuololoki a voulu non seulement rassurer les élus du peuple, mais aussi réaffirmer la détermination de la Banque Centrale à maintenir le cap de la stabilité financière, dans un contexte économique mondial encore incertain.
Josué Muleli