Le Tribunal militaire de garnison de Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, a rendu, ce lundi 30 mars 2026, un verdict particulièrement attendu dans une affaire qui a retenu l’attention de l’opinion publique locale et du monde judiciaire. L’agent de police de deuxième classe (AP2CL) Amigo Kalambay a été condamné à 20 ans de servitude pénale, reconnu coupable de plusieurs infractions, dont des menaces à l’encontre d’une magistrate et d’un avocat.

La décision de la juridiction militaire intervient au terme d’une procédure judiciaire engagée à la suite d’un incident survenu le 18 mars 2026 au centre-ville de Matadi. Le policier, présenté comme membre de la garde d’un élu, était accusé d’avoir adopté un comportement violent et menaçant lors d’une altercation impliquant une magistrate et un avocat, alors qu’il tentait de libérer la voie pour le passage d’un véhicule.
Au cours du procès, le ministère public a retenu plusieurs faits infractionnels contre le prévenu. Parmi les accusations figurent la violation de consignes, les menaces avec armes de guerre, l’outrage à magistrat, le faux et usage de faux concernant sa feuille de route, la perte de munitions de guerre ainsi que la détention illégale d’armes et de munitions de guerre.Dans ses réquisitions, le parquet militaire avait sollicité différentes peines selon la gravité des faits.

Il avait notamment requis 10 ans de servitude pénale pour violation de consignes, 1 an pour menaces avec armes de guerre, 9 mois pour outrage à magistrat, ainsi que 5 ans pour faux et usage de faux. Le ministère public avait également requis 10 ans de servitude pénale pour perte de munitions de guerre et 20 ans pour détention illégale d’armes et de munitions de guerre.

En rendant son jugement, le Tribunal militaire de garnison de Matadi a appliqué le principe de l’absorption des peines, également appelé cumul non matériel. Ce principe juridique prévoit que, lorsque plusieurs infractions sont retenues à charge d’un prévenu, seule la peine la plus lourde est exécutée. En l’espèce, la juridiction a donc retenu la peine maximale de 20 ans de servitude pénale.
Outre la sanction pénale, la juridiction militaire s’est également prononcée sur les réparations civiles. Le tribunal a condamné l’agent de police à verser 250.000 dollars américains de dommages et intérêts à chacune des parties civiles, à savoir la magistrate et l’avocat concernés par l’incident.

L’affaire avait suscité une vive réaction dans les milieux judiciaires et dans l’opinion publique locale, notamment en raison de la gravité des faits reprochés et de la qualité des victimes présumées. Les audiences ont été suivies de près par plusieurs observateurs, dans un contexte où les autorités judiciaires entendaient établir clairement les responsabilités.
NTEMO CD
