Il y a exactement deux ans, la population de Kimpese se levait pour dénoncer une insécurité devenue chronique et les tarifs jugés excessifs de la Société Nationale d’Électricité (SNEL). Le 29 janvier 2024, des milliers d’habitants avaient répondu à l’appel d’une journée ville morte, marquant un tournant historique dans la mémoire collective de la cité. Depuis cette mobilisation, la SNEL ne délivre plus de factures à ses abonnés : la population bénéficie d’un courant gratuit, mais instable.

Deux ans plus tard, le bilan de cette situation reste préoccupant. Les coupures d’électricité se multiplient, perturbant le quotidien des ménages et freinant les activités économiques locales. La gratuité du courant, bien que perçue comme une victoire symbolique contre la surfacturation, n’a pas permis d’assurer un service fiable.
Pour Joli Toko, journaliste d’investigation, cette situation constitue un signal d’alarme. « La gratuité ne doit pas se substituer à la qualité. Il serait préférable que les abonnés reprennent progressivement le paiement des factures pour garantir un courant stable et durable », explique-t-il. Il souligne également que la population reste opposée aux compteurs à prépaiement, déjà contestés par le passé.

Le journaliste appelle à l’implication directe des plus hautes autorités du pays. « Le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, digne fille du territoire de Songololo, doivent suivre de près cette situation afin qu’un tel dysfonctionnement ne se reproduise pas », insiste-t-il.
Joli Toko propose également des pistes concrètes pour améliorer la situation :
Rétablir un système de facturation régulier, tout en garantissant la transparence des tarifs.
Moderniser le réseau électrique local afin de réduire les coupures intempestives.
Renforcer la supervision des agents de la SNEL pour éviter toute négligence ou complicité dans les interruptions.
Depuis les événements de janvier 2024, Kimpese reste marquée par le souvenir des manifestations et de la création du système d’autodéfense Wazalendo, qui continue de rappeler le ras-le-bol populaire face à l’insécurité et aux dysfonctionnements des services publics. Deux ans plus tard, la cité attend des mesures concrètes qui garantissent non seulement la sécurité, mais aussi un service électrique fiable et durable.

En résumé, la gratuité de l’électricité à Kimpese, si elle a symbolisé une victoire citoyenne contre la surfacturation, n’a pas résolu le problème principal : l’instabilité du courant. Joli Toko, à travers son expertise et son engagement, propose un cadre de solutions pragmatiques qui, selon lui, pourrait remettre le service sur les rails tout en respectant les attentes de la population.
Josué Muleli