La cité côtière de Muanda s’est réveillée, ce lundi 22 décembre 2025 matin, dans un climat de quasi-paralysie générale, à la suite de l’appel à une journée « ville morte » lancé par la synergie des associations et plusieurs acteurs de la société civile locale. Malgré l’interdiction formelle des autorités, les activités socio-économiques sont restées largement à l’arrêt aux premières heures de la journée.

Dès 7 heures, le constat sur le terrain était sans équivoque : rues désertes, commerces fermés, services administratifs non opérationnels et marché central totalement vide. Seules quelques motos circulaient timidement dans certaines artères, sous la surveillance visible des forces de l’ordre. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la journée « ville morte » était largement respectée dans les différents quartiers de la ville.
Une mobilisation pour exiger le départ de l’administratrice du territoire

Cette action citoyenne vise à exiger le départ de l’administratrice du territoire, Amina Panda, dont la gestion est vivement contestée par une frange de la population. La synergie de la société civile évoque une mauvaise gouvernance, dénonçant notamment des abus de pouvoir, la violation des textes réglementaires et des décisions hiérarchiques, ainsi que la privatisation présumée de certains biens de l’État.
Les organisateurs affirment avoir, à plusieurs reprises, saisi les autorités compétentes à travers des rapports documentés, sans obtenir, selon eux, de réponses concrètes. Estimant avoir épuisé les voies institutionnelles, ils soutiennent que la journée « ville morte » constitue un moyen de pression pacifique destiné à faire entendre leurs revendications.
Dialogue avorté et maintien du mot d’ordre

Avant la tenue de cette mobilisation, une délégation dépêchée par le gouvernement provincial avait tenté d’engager des discussions avec les différentes parties prenantes à Muanda. Ces échanges n’ont toutefois pas permis de dégager un consensus, conduisant la synergie de la société civile à maintenir son mot d’ordre de paralysie des activités pour la journée de lundi. Un sit-in devant le bâtiment administratif du territoire avait également été évoqué dans le programme initial.
Interdiction officielle et déploiement policier

De leur côté, les autorités locales avaient interdit toute manifestation à l’issue d’une réunion du Conseil local de sécurité. Le commandant de la Police nationale congolaise (PNC) à Muanda, le colonel Fely Ndididi Kabamba, avait rappelé que cette interdiction s’inscrivait dans le cadre des instructions du vice-Premier ministre de l’Intérieur, invoquant la nécessité de préserver l’ordre public.
Ce lundi matin, un important dispositif policier a été déployé dans plusieurs points stratégiques de la ville afin de prévenir tout débordement. Aucun incident majeur n’a été signalé dans les premières heures, les forces de sécurité se limitant à des missions de surveillance et de dissuasion.
Appel au calme des autorités

Face à cette situation, l’administratrice du territoire, Amina Panda, a appelé la population à vaquer librement à ses occupations et au vivre-ensemble, insistant sur la nécessité de préserver la cohésion sociale et de lutter collectivement contre l’insécurité.
Malgré ces appels, la paralysie observée en début de journée traduit un malaise persistant entre une partie de la population et l’administration territoriale. La situation reste suivie de près par les autorités provinciales du Kongo Central, alors que Muanda traverse l’un des épisodes sociaux les plus sensibles de ces derniers mois.
Josué Muleli