L’administration territoriale de Muanda, cité côtière de la province du Kongo Central, a formellement interdit les marches et sit-in annoncés pour ce lundi 15 décembre par l’Association des jeunes ressortissants de Muanda et d’autres parties. Cette décision intervient dans un contexte de tensions suscitées par le retour du colonel Tabu Sadiki à la tête de la police territoriale.
Dans une communication officielle, l’administratrice du territoire, Amina Panda, a rappelé l’interdiction de toute forme de manifestation publique, y compris les marches, sit-in et opérations dites de « ville morte », conformément aux instructions du gouverneur de province, Grâce Nkuanga Bilolo. L’autorité territoriale a invité la population à vaquer librement à ses occupations quotidiennes et à préserver le climat de paix.

Au cœur de la contestation figure le retour effectif du colonel Tabu Sadiki, suspendu quelques mois plus tôt à la suite des échauffourées survenues à Bomabungu. À l’époque, ces incidents avaient entraîné une montée de tensions sécuritaires dans la cité, poussant la hiérarchie policière à prendre des mesures conservatoires.
Le retour du colonel à la tête de la police de Muanda est, aujourd’hui, jugé injuste par une frange de la population locale ainsi que par certains ressortissants de la cité, qui estiment que les responsabilités dans les événements de Bomabungu n’ont pas été clairement établies. C’est dans ce contexte que des actions de rue avaient été annoncées pour exprimer ce désaccord.

Face au risque de troubles à l’ordre public, l’administration territoriale a préféré prévenir toute escalade en réaffirmant l’interdiction des mobilisations populaires. Elle appelle les organisateurs et l’ensemble des acteurs sociaux à la retenue, au respect des décisions administratives et au recours aux voies légales et institutionnelles pour toute revendication.
Les autorités provinciales rappellent enfin que ces mesures s’inscrivent dans une ligne déjà tracée dans le Kongo Central, où les opérations de « ville morte » et les manifestations publiques ont, à plusieurs reprises, été suspendues afin de garantir la sécurité des personnes et des biens.
NTEMO CD