Ce samedi 13 décembre 2025, l’Assemblée provinciale du Kongo Central a pris une décision qui a secoué l’espace politique local : le rejet du projet de budget 2026. Rapidement, les analyses se sont multipliées, certaines dramatisant la situation, d’autres la simplifiant à l’extrême. Pour Nelly Muinga Tulela, ancienne députée nationale, élue du territoire de Songololo, et juriste de formation, il est crucial de replacer le débat dans le cadre strict du droit et des institutions.
Un exercice légitime du pouvoir législatif

L’Assemblée provinciale, rappelle-t-elle, exerce un pouvoir constitutionnel : examiner, amender et voter le budget provincial. « Le refus d’adopter un projet de budget ne constitue pas une sanction politique automatique », insiste-t-elle. Le projet avait été déposé dans les délais, et le rejet relève donc d’un contrôle budgétaire normal, destiné à protéger l’intérêt de la province et des citoyens.
Douzièmes provisoires : une mesure provisoire mais contraignante
L’absence de budget voté avant le 1er janvier 2026 entraîne l’application des douzièmes provisoires. Chaque mois, l’Exécutif ne pourra engager que 1/12e du budget 2025, ce qui assure la continuité minimale des services publics mais restreint la capacité de lancer de nouvelles initiatives. Selon Nelly Muinga, « ce mécanisme est un garde-fou, mais il ne peut pas remplacer un budget structurant et opérationnel ».
Responsabilité et voie de sortie
Le rejet n’est pas une impasse. Pour l’ancienne députée, la solution est claire : dialoguer avec l’Assemblée, intégrer les priorités réelles des populations et présenter un texte amendé. C’est le seul moyen de sortir du régime contraignant des douzièmes provisoires et de permettre à la province de renouer avec un développement crédible et durable.
Le rôle fondamental des élus provinciaux

Cette situation souligne le rôle central des élus dans la protection des finances publiques. Le budget est bien plus qu’un document comptable : il est l’instrument principal de la gouvernance provinciale. L’Exécutif a désormais une responsabilité claire : proposer un budget transparent, réaliste et aligné sur les besoins du Kongo Central.
En définitive, le rejet du budget 2026 n’est ni un échec politique ni une crise institutionnelle. C’est un exercice légitime du pouvoir législatif, et la voie de sortie est juridique et politique à la fois : dialogue, correction et adoption d’un budget crédible.
Josué Muleli/NTEMO CD