À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, célébrée chaque 10 décembre, la coordination provinciale de la Société Civile du Congo (SOCICO/KC) a publié une déclaration alarmante sur la situation sécuritaire, sociale et sanitaire dans la province du Kongo Central.
Une insécurité persistante qui inquiète
La SOCICO/KC attire l’attention sur une montée préoccupante de la criminalité dans la province. Les cambistes sont de plus en plus ciblés, certains étant assassinés à leur domicile. Des vols à main armée touchent régulièrement les établissements privés, tandis que les braquages de véhicules sur la Nationale n°1 se multiplient. Les chauffeurs et autres acteurs économiques dénoncent également les tracasseries routières récurrentes. Selon la société civile, ces violences mettent en évidence une inefficacité des services d’ordre à protéger la population.
Des conditions de vie dégradées et un environnement en souffrance

Le constat de la SOCICO/KC s’étend au cadre de vie et à l’environnement. L’absence de politiques d’aménagement du territoire a favorisé la prolifération de bidonvilles et un manque criant de commodités dans plusieurs villages. La société civile souligne également la pollution de l’air dans les zones industrielles telles que Minkelo, Lukala et Kasangulu, qui affecte directement la santé des populations locales.
Santé publique et accès aux services sociaux : une situation préoccupante
L’accès limité aux soins médicaux, à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires adaptées contribue à une vulnérabilité accrue des habitants. La SOCICO/KC rappelle que ces carences peuvent avoir des conséquences graves sur la santé publique, notamment dans les zones rurales et périurbaines.
Prisons surpeuplées et respect des droits des détenus
Les établissements pénitentiaires de la province sont également dans un état critique. Selon la déclaration, les prisons sont surpeuplées et vétustes, les détenus subissent parfois des mauvais traitements, et certaines détentions sont pratiquées de manière arbitraire dans des lieux non reconnus. La SOCICO/KC insiste sur le non-respect fréquent du délai légal de 48 heures pour la présentation au parquet, ce qui constitue une violation directe des droits fondamentaux des personnes détenues.
Recommandations à l’attention du gouvernement provincial

Face à cette situation, la société civile appelle le gouvernement provincial à :
Renforcer les moyens des forces de l’ordre et assurer la protection des citoyens tout en luttant contre les abus ;
Mettre en place une politique d’aménagement du territoire afin d’améliorer les conditions de vie des populations ;
Associer la société civile à l’élaboration et au suivi des politiques publiques ;
Améliorer les services sociaux de base, en particulier dans les domaines de la santé et de l’accès à l’eau potable ;
Combattre l’impunité et favoriser un dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs sociaux.
« Trop de silence face à la souffrance du peuple. Il est temps d’agir », conclut la SOCICO/KC dans sa déclaration, lançant un appel clair au gouvernement provincial pour prendre des mesures immédiates.


Exode Manonga