Le village Kunda, dans le secteur de Kwilu-Ngongo, en territoire de Mbanza-ngungu (Kongo Central) a sombré dans le chaos dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 novembre dernier. Aux environs de 3 heures du matin, des individus non identifiés ont incendié plusieurs habitations, plongeant les familles dans une détresse absolue et transformant en quelques minutes un espace d’habitation en un champ de ruines fumantes.

Mais au-delà des flammes, un autre fait a profondément choqué la communauté : les premières personnes interpellées par la police sont des habitants eux-mêmes sinistrés, dont plusieurs personnes âgées.
Un incendie criminel aux zones d’ombre persistantes

Les circonstances exactes de l’attaque restent floues. Des dégâts matériels importants ont été signalés, même si aucun bilan officiel n’a encore été communiqué. Selon les témoignages recueillis et recoupés par nos confrères de Focus Impact, les assaillants ont agi en pleine nuit, visant des maisons d’habitation sans laisser de traces permettant d’identifier clairement leurs motivations ou leur identité.

Toutefois, pour les habitants, une piste se dessine : celle d’un conflit foncier latent. Plus de 405 hectares de terres auraient récemment été acquis dans ce village par des autorités, une situation qui a créé des tensions croissantes au sein de la communauté.
Arrestations des victimes : une incompréhension qui alimente la colère

Alors que la population s’attendait à des mesures pour sécuriser la zone et lancer une enquête, c’est la nature des interpellations qui a surpris : les personnes arrêtées sont celles dont les maisons ont été brûlées, et non les auteurs présumés. Pour les villageois, cela relève d’une injustice flagrante. Ils affirment n’avoir aucune information sur les responsables de l’incendie, mais constatent que les victimes sont désormais traitées comme des suspects.

Cette situation a exacerbé un sentiment de marginalisation et renforcé les soupçons selon lesquels le conflit foncier serait au cœur de ces violences.
Réaction politique : un appel à la fin de l’impunité

Le député national Pierre Nsumbu Mutukalavo a fermement condamné l’incendie et s’est dit profondément choqué par les images qui circulent : « Je condamne avec fermeté cet acte barbare d’une autre époque. La seule façon de combattre ce fléau, corollaire des conflits fonciers, reste de remplacer l’impunité par des sanctions exemplaires », a-t-il souligné.
L’élu de Mbanza-ngungu réclame une enquête indépendante, estimant qu’elle seule permettra d’établir les responsabilités de manière impartiale : « Je ne ménagerai aucun effort pour exiger une enquête indépendante afin de rétablir les responsabilités et sanctionner les coupables. J’exprime toute ma compassion aux victimes », a-t-il renchérit.
Une communauté en attente de justice

À Kunda, l’atmosphère reste lourde, marquée par la peur, l’incompréhension et le sentiment d’abandon. Les habitants appellent les autorités à clarifier les circonstances de l’incendie, à libérer les victimes interpellées sans motif valable selon eux, et à mettre fin aux tensions foncières qui fragilisent leur sécurité depuis plusieurs mois.

En attendant des réponses, les ruines de Kunda se dressent comme le symbole d’un drame qui appelle à une justice transparente et à des décisions qui apaisent plutôt qu’elles n’enflamment la situation.
Josué Muleli