Dans le territoire de Luozi, au Kongo Central, la route nationale non asphaltée reliant les villages de Yambi et Zimba en direction du secteur de Balari est aujourd’hui dans un état de délabrement critique. Ce tronçon, considéré par les usagers comme une véritable artère nationale en raison de son importance socio-économique, s’est progressivement transformé en un corridor impraticable qui isole familles, commerçants et agriculteurs.

Crevasses béantes, nids-de-poule profonds, boue épaisse… Les images que renvoie cette route témoignent d’une dégradation avancée. Les véhicules s’embourbent régulièrement, les motos tombent panne après panne, et les piétons se voient contraints de parcourir de longues distances à pied, souvent avec des charges lourdes sur la tête. Traverser ce tronçon est devenu un calvaire quotidien.

Pour les agriculteurs du Manianga, la situation est encore plus préoccupante. Dans cette zone où les activités agricoles constituent la principale source de revenu, l’inaccessibilité de la route empêche l’acheminement des produits vers les marchés. Les récoltes se perdent, les revenus chutent, et la sécurité alimentaire locale s’en trouve menacée.

La population, qui se sent abandonnée, ne cache plus son désarroi. Entre colère et fatigue, les habitants de Balari, Yambi, Zimba et des villages environnants lancent un véritable SOS aux autorités provinciales et nationales. Ils réclament une intervention urgente : « Nous ne demandons pas un luxe, nous demandons juste une route qui nous permette de vivre normalement », confie un passager.

Le paradoxe soulève des interrogations. Alors que le gouvernement national et provincial affirme faire de la construction des routes de desserte agricole une priorité, pourquoi cette voie stratégique demeure-t-elle dans un tel état ? Pourquoi les populations de ce corridor vital doivent-elles encore affronter un isolement qui compromet leur développement économique et social ? Les différentes questions qui taraudent nos lèvres.

Mais, il est très important de noter que la balle est désormais dans le camp des décideurs. Les habitants, eux, continuent d’espérer qu’un jour, cette route redevienne un pont vers l’avenir et non un symbole d’oubli.

Junior MFUMU/Christ NSEKA/NTEMO CD