Après la réunion de Kinshasa présidée par le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, les discussions se poursuivent dans plusieurs provinces autour de la portée réelle des mesures liées à la suspension des motions et pétitions parlementaires. Au Kongo Central, le rapporteur adjoint de l’Assemblée provinciale, Guylain Mpanzu, appelle à une lecture équilibrée et conforme à la Constitution de la République.
Selon lui, les orientations données par le ministre de l’Intérieur visent essentiellement à garantir la stabilité institutionnelle en période de guerre, sans pour autant restreindre le droit de regard des députés sur la gestion des exécutifs provinciaux. « Il n’a jamais été question de suspendre le contrôle parlementaire. Les députés conservent leurs prérogatives, notamment à travers les interpellations, les questions orales ou écrites », a expliqué l’élu, joint depuis Kinshasa.

Guylain Mpanzu a rappelé que la Constitution et la loi portant organisation et fonctionnement des Assemblées provinciales confèrent aux élus le devoir de suivre et d’évaluer la gouvernance locale. « L’honorable Cerlain Gonda a récemment interpellé le gouverneur de province. C’est un moyen de contrôle parlementaire reconnu, qui ne viole en rien les instructions du VPM Shabani », a-t-il précisé.
Tout en soutenant la démarche du ministre visant à limiter les dérives liées aux motions instrumentalisées à des fins politiques, le rapporteur adjoint insiste sur la nécessité d’un contrôle responsable, axé sur la transparence et la bonne gouvernance. « Le contrôle parlementaire ne doit pas être confondu avec la déstabilisation. Il s’agit plutôt d’un outil de reddition des comptes et d’équilibre institutionnel », a-t-il conclu.
Dans un contexte national marqué par des appels à la cohésion et à la discipline institutionnelle, la position de l’Assemblée provinciale du Kongo Central s’inscrit dans une logique de vigilance démocratique, combinant stabilité et exigence de redevabilité.
Exode Manonga/NTEMO CD