RDC : les activités du PPRD de Joseph Kabila et de douze autres partis politiques interdites

RDC : treize partis politiques concernés par une interdiction d’activités ordonnée par Jacquemain Shabani.

Ntemo
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Des partisans du PPRD à Kinshasa, le 14/05/2015 lors du congrès extraordinaire de ce parti. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a ordonné, jeudi 15 octobre 2026, l’interdiction des activités de treize formations politiques sur l’ensemble du territoire national. Parmi les partis concernés figure le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation de l’ancien président Joseph Kabila, aux côtés de douze autres organisations politiques.

La mesure est portée par un message officiel adressé aux gouverneurs de provinces, auxquels le responsable de l’Intérieur demande de prendre, « toutes affaires cessantes », les dispositions nécessaires pour garantir une « exécution sans faille » de cette décision. Le document a également été transmis, pour information, à plusieurs institutions nationales, dont la présidence de la République, la Primature, la Police nationale congolaise (PNC), l’Agence nationale de renseignements (ANR) et la Direction générale de migration (DGM).

Outre le PPRD, la liste comprend le Leadership et gouvernance pour le développement (LGD) d’Augustin Matata Ponyo et PISTE-E de Noël Tshiani. Sont également concernés l’Alliance pour l’alternance et le progrès (AAP) de Théophile Bemba Fundu, l’Union démocratique africaine (UDA originelle) de Claudel Lubaya et le Mouvement du peuple congolais pour la République (MPCR) de Jean-Claude Vuemba.

La mesure s’étend aussi à l’Alliance des travaillistes pour le développement (ATD) de José Makila Sumanda, au PNEL de Michel Mwika Banza, au Mouvement lumumbiste progressiste (MLP) de Franck Diongo, à l’Union des patriotes congolais (UPC) de Thomas Lubanga, à l’Action pour la dignité du Congo et de son peuple (ADCP) de Corneille Nangaa, à la COFEDEC de Filia Tshipasa Kahindo et à l’AARC d’Élisée Minembwe.

Les motifs de la décision restent à préciser

Si la directive insiste sur la nécessité d’une application immédiate, le message officiel communiqué ne détaille pas les motifs précis de cette interdiction. Il ne renseigne pas davantage sur sa durée, ses modalités d’exécution ou les éventuelles voies de recours ouvertes aux formations concernées. Ces éléments demeurent essentiels pour déterminer la portée juridique exacte de la mesure.

Cette décision intervient dans un contexte politique marqué par de nouvelles recompositions autour de l’ancien président Joseph Kabila. Le 12 octobre 2026, celui-ci a annoncé, à Goma, la création d’un mouvement politico-militaire dénommé Front pour la Refondation de la Nation (FRN), quelques jours avant la directive du ministère de l’Intérieur interdisant les activités de treize partis politiques. Si cette proximité chronologique mérite d’être relevée, aucun élément du message officiel communiqué ne permet, à ce stade, d’établir un lien direct entre la création du FRN et la décision de Jacquemain Shabani.

Une application attendue dans les provinces

En s’adressant directement aux gouverneurs, Jacquemain Shabani place les autorités provinciales au cœur de l’exécution de cette décision. La référence à une « exécution sans faille » traduit l’exigence formulée par le ministère de l’Intérieur, même que les modalités concrètes de mise en œuvre restent à préciser dans les informations disponibles.

Junior Mfumu

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