Les délestages qui rythment la desserte électrique à Kimpese, dans le territoire de Songololo, au Kongo Central, trouvent un début d’explication technique. Le chef de centre de la SNEL à Kimpese, CVS Masiala, a expliqué lundi 5 octobre 2026 que cette situation est notamment liée à l’écart entre la capacité du transformateur qui alimente la zone et la charge effectivement supportée par le réseau. Il s’exprimait lors d’une conférence-débat avec la presse consacrée aux difficultés de desserte électrique.
Selon CVS Masiala, le poste qui alimente Kimpese est installé à Lukala, dans le territoire voisin de Mbanza-Ngungu. Son transformateur dispose d’une capacité de 5 MVA, alors que la charge de Kimpese et de ses environs est estimée à 8,2 MVA. Une différence de capacité qui, d’après le responsable local, exerce une forte pression sur les installations.
Cette inadéquation a conduit la SNEL à revoir son mode de délestage depuis le début du mois d’octobre. L’objectif, explique le chef de centre, est de limiter la sollicitation excessive des équipements et d’éviter les déclenchements répétitifs sur la ligne moyenne tension qui dessert Kimpese.

Le phénomène aurait été particulièrement marqué en septembre. CVS Masiala a évoqué environ 70 déclenchements enregistrés au cours de ce mois. Cette succession d’incidents a, selon lui, rendu nécessaire la mise en place d’un dispositif de délestage programmé, présenté comme un moyen de mieux protéger les installations tout en réduisant les coupures intempestives.
Le renforcement de la capacité du poste constitue la principale piste avancée par le responsable. Il plaide pour l’installation d’un transformateur supplémentaire, évoquant des capacités pouvant atteindre 15 à 20 MVA. Une telle augmentation permettrait, selon lui, de réduire la pression sur le réseau et de revenir progressivement à un délestage davantage ciblé sur les zones réellement surchargées.
La SNEL entend également agir sur les raccordements frauduleux. Ces branchements sont présentés par CVS Masiala comme des charges difficiles à contrôler et susceptibles de contribuer à la surcharge du réseau. Des opérations de contrôle doivent reprendre sur le terrain afin d’identifier et de retirer les raccordements irréguliers.

La vocation industrielle de Kimpese constitue un autre élément de l’équation. Plusieurs entreprises et unités industrielles sollicitent le réseau. Pour certaines installations dont les besoins en puissance sont importants, le responsable de la SNEL a évoqué une alimentation en haute tension, afin notamment de réduire la pression exercée sur le réseau moyenne tension.
La question de la facturation a également été abordée. CVS Masiala a distingué les abonnés équipés de compteurs, dont la consommation est enregistrée en fonction de l’alimentation effective, des clients soumis à une facturation forfaitaire. Pour ces derniers, la durée réelle de desserte peut constituer une difficulté particulière dans l’établissement de la facture, a-t-il expliqué.
Face aux réclamations des abonnés, le chef de centre a appelé à la patience et assuré que les services de la SNEL restent ouverts aux plaintes. Il a indiqué que les réclamations seraient examinées objectivement, tout en affirmant que la haute hiérarchie de l’entreprise, déjà informée de la situation, travaille à une solution durable pour Kimpese.

Organisée par le journaliste Joli Toko Maestro de Radio FWA FM, la conférence-débat avait pour thème : « Délestages à répétition à Kimpese : quelles solutions pour une desserte électrique plus régulière ? » Pour la SNEL, l’équation reste essentiellement technique : 5 MVA de capacité annoncée face à une charge estimée à 8,2 MVA. En attendant un éventuel renforcement du poste installé à Lukala, la SNEL mise sur la programmation des délestages, le contrôle du réseau et l’intervention de sa hiérarchie pour tenter de stabiliser la desserte électrique à Kimpese.
NTEMO CD
