Procès en flagrance à Matadi : le parquet sollicite 10 ans contre le commandant du commissariat après les violences du 7 septembre

À Matadi, le procès militaire entre dans sa phase décisive après les violences du 7 septembre.

Ntemo
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Le procès en flagrance ouvert après les incidents survenus dans la nuit du 7 au 8 septembre à la maison communale de Matadi entre dans une phase décisive. À l’audience du jeudi 10 septembre, le ministère public a sollicité 10 ans de servitude pénale principale contre le commissaire principal José Mbayi Wa Mbayi, poursuivi pour violation des consignes en temps de paix.

Il s’agit de la seule infraction retenue à ce stade par le Tribunal militaire de garnison de Matadi à l’encontre du commandant du commissariat. Le parquet lui reproche notamment des manquements dans la gestion des armes et du dispositif de sécurité au moment des faits.

À la barre, José Mbayi Wa Mbayi a expliqué que quatre policiers étaient affectés à la sécurité du commissariat de référence cette nuit-là, pour trois armes disponibles. Selon ses déclarations, l’une se trouvait avec une équipe de patrouille, tandis que les deux autres étaient restées au commissariat. L’une de ces armes, associée au policier soupçonné d’avoir tiré sur le motocycliste, se trouvait au bureau de la sécurité publique après les faits.

Trois autres renseignants ont également été entendus par le Tribunal : le commandant urbain de la Police, Beaudoin Kilimba, le commandant de la Police de circulation routière, Achille Ndoyite, et le chargé des renseignements du commissariat urbain, Chanceux Ntomono. Tous trois ont été relâchés après leurs dépositions.

La défense du commissaire principal avait auparavant sollicité sa mise en liberté provisoire, invoquant notamment son état de santé. Le Tribunal a rejeté la demande, la déclarant recevable en la forme, mais non fondée. Les garanties de représentation présentées n’ont pas été jugées suffisantes pour écarter le risque de fuite. José Mbayi Wa Mbayi demeure ainsi en détention.

Un autre volet de l’affaire concerne le brigadier en chef Dodo Kitenge, accusé d’avoir tiré mortellement sur le motocycliste Joseph Olamba. En fuite depuis les événements, il n’a pas été présenté devant le Tribunal. La juridiction a, dans ce contexte, demandé à Guy Olamba, père du défunt et représentant de la partie civile, de se retirer de la salle, estimant que le policier mis en cause n’était pas présent pour être jugé dans le cadre de cette procédure.

Plusieurs victimes des violences et des dégradations enregistrées lors des incidents ont néanmoins pris part à la procédure. Le Tribunal devra déterminer les responsabilités individuelles des personnes poursuivies et examiner les éventuelles conséquences civiles liées aux dommages matériels.

Les événements avaient débuté après la mort par balle du motocycliste, à la suite d’une altercation avec un agent de la Police nationale congolaise. Le décès avait été suivi d’actes de vandalisme, notamment l’incendie et l’endommagement de plusieurs véhicules et motos, ainsi que d’importants dégâts matériels.

La suite du procès est attendue ce vendredi 11 septembre, avec le prononcé annoncé dans le dossier concernant José Mbayi Wa Mbayi. La décision du Tribunal devrait préciser les responsabilités retenues à l’encontre du prévenu, tandis que le brigadier en chef Dodo Kitenge demeure recherché.

LA RÉDACTION

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