Kongo Central/Ass.Prov : le camp Nsuami accuse Mantezolo de fausser le Kinzonzi et appelle le VPM à intervenir

Crise politique au Kongo Central : le dialogue institutionnel remis en cause

Ntemo
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Le bras de fer qui oppose les différentes sensibilités de l’Assemblée provinciale du Kongo Central est loin de connaître son épilogue. Dans une correspondance adressée au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, les députés provinciaux proches du président ad intérim Nsuami Mambu ont exposé les raisons de leur boycott du Kinzonzi organisé à Matadi sous l’initiative du président réhabilité de l’organe délibérant, Papy Mantezolo Diatezua.

À travers cette démarche, ces élus entendent porter à la connaissance de l’autorité de tutelle ce qu’ils considèrent comme des irrégularités dans la conduite du processus de réconciliation recommandé par le ministère de l’Intérieur pour rapprocher les parties en conflit autour de l’interprétation de l’arrêt de la Cour constitutionnelle.

Les signataires rappellent avoir pris part aux consultations tenues au cabinet du vice-Premier ministre de l’Intérieur les 23 mai et 6 juin derniers. Au cours de ces échanges, expliquent-ils, le recours au Kinzonzi avait été retenu comme mécanisme traditionnel de règlement pacifique du différend afin de favoriser un consensus entre les élus provinciaux.

Cependant, les députés proches de Nsuami estiment que l’esprit de cette démarche a été dénaturé. Selon eux, le processus a été organisé et encadré par Papy Mantezolo lui-même, alors qu’il constitue l’une des parties directement concernées par le litige. Une situation qu’ils jugent incompatible avec les exigences de neutralité et d’équité devant caractériser toute initiative de médiation.

Au cœur du désaccord se trouve la portée de l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle. Selon les élus signataires, le camp Mantezolo considère que la Haute Cour a réhabilité à la fois le président de l’Assemblée provinciale et son vice-président, les autres postes vacants devant être pourvus par l’organisation de nouvelles élections. Une lecture que contestent les proches de Nsuami, qui soutiennent que l’arrêt n’a rétabli que Papy Mantezolo dans ses fonctions et ne remet pas en cause la légitimité des autres membres du bureau actuellement en place.

Les députés dénoncent ainsi ce qu’ils qualifient d’interprétation « à géométrie variable » de la décision constitutionnelle. Ils estiment qu’une telle lecture risque d’alimenter davantage les tensions au sein de l’Assemblée provinciale au lieu de favoriser le retour à la sérénité institutionnelle.

Dans leur correspondance, ils sollicitent l’implication du vice-Premier ministre de l’Intérieur afin de garantir un cadre de concertation véritablement neutre et consensuel. Ils plaident notamment pour un encadrement plus équilibré du dialogue et pour une solution respectueuse aussi bien de l’esprit que de la lettre de l’arrêt de la Cour constitutionnelle.

Cette sortie intervient alors que Papy Mantezolo continue d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’une crise institutionnelle, mais d’une simple divergence d’interprétation juridique entre élus provinciaux. Une appréciation que ne partagent manifestement pas ses opposants, qui appellent désormais Kinshasa à jouer un rôle plus actif dans la recherche d’une issue à ce différend politico-juridique.

En attendant une éventuelle clarification de la Haute Cour ou un compromis entre les protagonistes, l’Assemblée provinciale du Kongo Central demeure suspendue à un dialogue dont les contours continuent de susciter autant d’espoirs que de controverses.

Josué Muleli

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