Kongo Central : bloqués à Kinshasa depuis deux semaines, un groupe de députés provinciaux demande à regagner la province pour reprendre les activités parlementaires

Après deux semaines de concertations sans issue à Kinshasa, des députés provinciaux du Kongo Central plaident pour la reprise des activités parlementaires et le retour au fonctionnement normal des institutions.

Ntemo
By

Deux semaines après leur arrivée à Kinshasa à l’invitation du vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, un groupe de députés provinciaux du Kongo Central exprime désormais son impatience face à une crise politique qui continue de paralyser le fonctionnement normal des institutions provinciales. Réunis dans la capitale congolaise dans le cadre des consultations destinées à résoudre le conflit au sein de l’Assemblée provinciale, ces élus plaident désormais pour un retour en province afin de reprendre les activités parlementaires.

La demande a été portée ce mardi 2 juin par le député provincial Matoko, élu de Mbanza-Ngungu, au nom de plusieurs de ses collègues. Pour ces élus, la prolongation du séjour à Kinshasa ne saurait se substituer durablement au travail législatif et au contrôle de l’action publique que leur confère leur mandat.

À l’origine de cette médiation figure la profonde divergence née de l’arrêt de la Cour constitutionnelle réhabilitant Papy Mantezolo Diatezua à la présidence de l’Assemblée provinciale. Deux blocs continuent de s’opposer sur la portée exacte de cette décision judiciaire, alimentant une crise institutionnelle qui s’est progressivement imposée au cœur de la vie politique provinciale.

Le G22 considère que l’arrêt de la Haute Cour entraîne également la réhabilitation de Joseph Nsalambi au poste de vice-président et remet en cause la légitimité de certains membres du bureau actuellement en fonction. Cette lecture ouvre, selon ce groupe, la voie à l’organisation de nouvelles élections pour plusieurs postes stratégiques de l’organe délibérant.

En face, le G18 défend une interprétation plus restrictive de la décision de la Cour constitutionnelle. Pour ce camp, la réhabilitation ne concerne que Papy Mantezolo, lequel devrait composer avec les autres membres du bureau déjà en place, sans remise en cause globale de l’architecture institutionnelle actuelle.

Malgré la dernière séance de concertation conduite sous l’égide du ministère de l’Intérieur, aucun compromis n’a pu être dégagé. Les positions demeurent figées, laissant apparaître les limites de la médiation engagée pour rapprocher les deux camps et restaurer un fonctionnement harmonieux de l’Assemblée provinciale.

Pendant ce temps, les conséquences de cette impasse se font de plus en plus ressentir au Kongo Central. Plusieurs observateurs établissent un lien entre la persistance de la crise institutionnelle et le ralentissement de certains projets publics, les difficultés de trésorerie de plusieurs services provinciaux ainsi que le climat d’incertitude qui entoure les investissements dans la province.

Face à cette situation, les députés favorables au retour plaident pour une reprise rapide des travaux parlementaires. Pour eux, le règlement des différends politiques ne doit pas conduire à une paralysie durable des institutions, alors que les attentes de la population et les défis de développement demeurent plus pressants que jamais.

Josué Muleli

Share This Article